samedi 4 septembre 2010| 12 riverains en ce moment
 

La politique au secours du bar le Nouveau Carillon

Les gérants du Nouveau Carillon, un bar du 18e arrondissement de Paris, estiment avoir été victimes d’un contrôle policier « au faciès », en novembre 2009. Devant la menace de fermeture administrative de leur établissement, ils ont alerté Christophe Caresche, le député local (voir la vidéo), Daniel Vaillant, le maire et Ian Brossat, élu communiste du 18e.

Le contrôle remonte au 10 novembre 2009. À 1h45, trois policiers se présentent devant le bar le Nouveau Carillon, dans le 18e arrondissement de Paris. La gérante, Gitanjali Delrieux et une employée, Nacera Berrouba, ferment l’établissement. Les lumières sont éteintes. Les fonctionnaires souhaitent procéder à un contrôle de routine et, selon le témoignage du gérant, Pierre Delrieux, font entrer les deux femmes dans le bar.

Les policiers demandent alors à vérifier l’identité de Gitanjali Delrieux. Laquelle leur présente ses papiers. Selon plusieurs témoins, les hommes en uniforme raillent l’origine indienne de la jeune femme. Puis ils dressent plusieurs procès-verbaux concernant, en particulier des extincteurs qu’iles estiment périmés et l’heure tardive de fermeture du débit de boisson. « Je rappelle que le bar était initialement fermé à 1h45, explique Pierre Delrieux. Le contrôle de police en a finalement prolongé l’ouverture. »

Un médecin a délivré un arrêt de travail d’une semaine à Gitanjali Delrieux, victime d’un « choc psychologique ». Le gérant a déposé une plainte auprès de l’IGS (Inspection générale des services). Alerté par des associations locales, Christophe Caresche, député PS de la 18e circonscription, a saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité, avant d’écrire au Préfet de Police pour lui demander l’ouverture d’une enquête sur ce contrôle (voir la vidéo).

Le 11 janvier 2010, Ian Brossat, président du groupe communiste de Paris et élu du 18e, a lui aussi alerté le préfet : « Je veillerai à ce que la lumière soit entièrement faite dans cette affaire, » écrit l’élu. Daniel Vaillant, maire du 18e et Myriam El Khomri, élue de l’arrondissement et adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la tranquillité publique, avait été reçus par le commissaire du 18e dès le 18 décembre 2009. Il leur avait assuré suivre cette affaire « au plus près ».

Depuis, l’IGS a auditionné Gitanjali Delrieux. Onze témoins de la scène seront bientôt entendus. Les trois policiers seront aussi convoqués par leurs collègues de l’IGS. « L’affaire est prise au sérieux par les autorités, » estime la gérante. Qui s’inquiète pourtant : en effet, les procès-verbaux contestés pourraient entraîner la fermeture provisoire du Nouveau Carillon, avant même la conclusion de l’enquête. « Une telle mesure aurait des conséquences financières désastreuses, souligne Pierre Delrieux. Pourtant, nous n’avons rien à nous reprocher ! »

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3 commentaires
  • Décidemment, on se sent de plus en plus en sécurité dans notre beau pays ! La Police montre un visage plus en plus détestable, et s’étonne du peu de considération de la population. Par ailleurs, l’endroit est très sympathique ! Tout comme le reportage. Beau travail et bonne continuation.

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    • La politique au secours
      du bar le Nouveau Carillon
      28 avril 15:46, par Philippe Meunier

      Et personne ne s’étonne que dans ce restaurant "fermé depuis 1:45", à la porte duquel "il ne restait plus qu’à mettre le cadenas", on ait trouvé onze témoins des soi-disant insultes policières ?
      Je suis le premier à m’émouvoir lorsque les policiers se conduisent mal. Mais cette fois, le cas mérite une enquête un peu plus approfondie avant de conclure.

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      • Oui en effet 11 témoins qui sortent du chapeau et un soit disant bar qui ferme à 1h45 alors que tout ceux qui habitent le quartier savent bien que le café est loin de fermer avant l’heure règlementaire.
        Etrange aussi la fin de l’article où la gérante s’inquiète des procès verbaux qui pourraient entrainer la fermeture de son établissement. N’est ce pas uniquement celà qui motive toute ses accusations de la gérante, pour éviter une fermeture qui rendrait surement du calme aux voisins.

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