mardi 17 octobre 2017| 34 riverains
 

Trois rues pour vider son grenier

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La plupart des objets proposés sont vendus à des prix dérisoires.

« C’est vraiment pour débarrasser le grenier. Nous ne somme pas là pour faire de l’argent. » Suzanne et Jean-Yves vivent rue Muller. Depuis ce matin, dimanche 1er juin 2008, ils tiennent leur bout de trottoir en bas de chez eux aussi sérieusement qu’un couple de brocanteurs professionnels. Le chiffre d’affaires en moins.
Vêtements de femme, figurines en plastiques, avion miniature, véhicules de pompiers version modèle réduit : tout est à vendre. A des prix dérisoires. « Pourtant, nous n’écoulerons pas tout le stock, poursuit Jean-Yves dans un sourire. Peu importe. L’ambiance est conviviale. On se fait des amis, nous rencontrons des voisins. C’est une belle journée. »

La foule déambule sans se soucier des automobiles : les rues Muller, Feutrier et André Del Sarte, interdites à la circulation (à l’exception du petit train de Montmartre, des véhicules d’urgence et ceux des résidents) sont noires de monde. Des mômes jouent à même le bitume avec les voitures miniatures qu’ils viennent d’acheter. Un adolescent, cuir noir et jean hors d’âge, porte sous le bras la collection de 33 tours quasi-complète du groupe AC/DC. L’état des galettes de vinyle laisse à désirer. Mais à moins de 10 euros l’ensemble, pas de quoi se plaindre.

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Suzanne et Jean-Yves retiennent surtout la convivialité de l’événement.

« Les clients sont sympas, raconte Necim, 12 ans, installé avec ses deux cousines dans la rue Muller. Mais parfois ils essayent de négocier les prix. Nous sommes petits, ils veulent en profiter. » « On ne se laisse pas faire », reprend Donia, 11 ans, qui pense avant tout à son argent de poche. « Tout dépend du produit, ajoute Leïla, 13 ans. Quand il a plu, tout à l’heure, nous avons pris l’initiative de baisser le prix des cassettes vidéos de 2 à 1,5 euros. » Ils vendent aussi des CD, une poussette, un gros nounours, une console de jeux, des vieux Harry Potter, etc.

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Les vieux bouquins et les disques sont particulièrement prisés des clients.

« Ce vide grenier, c’est bien pour tout le monde, » poursuit Necim. Et d’ajouter, lucide : « On se sépare d’objets qui ne nous servent plus et des gens qui n’auraient peut-être pas les moyens de se les offrir, peuvent quand même le faire. » Les bonnes affaires, c’est aussi l’une des raisons du succès des vide greniers, ici, comme dans des dizaines d’autres rues de Paris, chaque week-end de printemps. Tout le monde en profite : le boulanger du coin écoule ses sandwichs à un rythme soutenu, les terrasses des cafés sont bondées. De quoi remettre le couvert l’année prochaine.

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