mercredi 18 octobre 2017| 17 riverains
 

Un journaliste raconte le 18e arrondissement en 1860

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La rue Marcadet en 1860.
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2010 marque le 150e anniversaire du 18e arrondissement de Paris. C’est l’occasion de rappeler les circonstances qui ont présidé à sa création, de publier quelques images d’époque et de lire le témoignage d’un journaliste.

Difficile d’imaginer Montmartre il y a 150 ans. Une butte plus ou moins coupée du centre de Paris, ville à laquelle elle n’appartient pas encore. Pas de funiculaire, encore moins la cohorte de touristes et pour cause, le Sacré-Coeur ne commencera à être construit que 23 ans plus tard, en 1873. Et au milieu de tout ça, des chevaux, des vignes et des paysans habitant les chaumières éparpillées sur les pentes. Sans oublier l’habitat insalubre.

Le 18e arrondissement est officiellement né en 1860, de la fusion des villages de Montmartre et d’une partie de la Chapelle, communes alors indépendantes. Ce regroupement répond à une loi votée en 1859, qui entérine l’annexion à Paris de plusieurs de ses communes voisines : à l’image de Montmartre, les villages de Bercy, Passy, Batignolles, Belleville, Grenelle ou encore Vaugirard, sont rattachés à la capitale. Le 1er janvier 1860, Paris compte donc vingt arrondissements, contre douze auparavant.

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La rue Marcadet en 1860.
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Journaliste et romancier, Charles Monselet (1825-1888) a parfaitement raconté le Montmartre des années 1860 dans "De Montmartre à Séville", un ouvrage paru en 1865. Nous en publions un extrait, mais il est possible de consulter le document dans son intégralité en cliquant ici.

« Un village singulier, perché à une hauteur respectable, avec des rues étroites et tortueuses, des masures toutes noires, des cours qui exhalent des odeurs de laiterie, de vacherie, de crèmerie. Les habitants vous regardent passer avec étonnement par la porte à claire-voie de leurs boutiques.

On arrive à ce hameau escarpé par des escaliers assez nombreux, et dont quelques-uns sont d’un effet pittoresque, entre autre celui qui s’appelle passage du Calvaire. On y arrive aussi par une succession de rues tournantes accessibles aux voitures.Pourtant je ne réponds pas que vous déterminiez une expression de satisfaction bien vive sur le visage d’un cocher, lorsque vous lui jetez négligemment cette indication : "A Montmartre ! place de l’Eglise !".

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Le Moulin de la galette, en 1850, avant la création du 18e arrondissement.
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Elle n’a rien de remarquable, cette église ; on va voir, dans le jardin du presbytère, son calvaire, qui est aussi célèbre que celui du mont Valérien. Tout alentour, dans la rue des rosiers, dans la rue de la Bonne, dans la rue Saint-Vincent, dans la rue des Réservoirs, le long de l’ancien cimetière, se cachent des maisons de campagne ravissantes et ignorées, remplies d’arbres de toute espèce et de tout pays ; des retraites silencieuses, touffues ; enceintes de vieilles murailles bordées de fleurs.

Le plateau compris entre l’église et les moulins est certainement le point le plus agréable de Montmartre ; le versant qui regarde la la plaine Saint-Ouen, ourlé par la rue Marcadet, est tout à fait coquet et riant. Il y a là des ravins, des sentiers, des champs "sérieux", des damiers de culture, des cabanes de bonne mine. L’œil embrasse une ligne onduleuse de coteaux bleuâtres, au bas desquels apparait, entre vingt tuyaux d’usines, la basilique de Saint-Denis, veuve de son clocher.

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Plan des rues du 18e arrondissement, en 1860.
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Le côté vilain de Montmartre, le côté pelé, déchiré, tourmenté, est celui qui commence au Moulin de la Galette, un des derniers moulins dont la hauteur était jadis couronnée. Deux autres ne sont plus que des squelettes de bois pourri. C’est la région des guinguettes, des bals du dimanche, dans les arrière-boutiques de marchands de vins. La semaine, on n’y rencontre que des terrassiers, occupés auprès des charrettes remplies de gravois. Ces hangars nombreux sont des fabriques de bougies, m’a-t-on assuré. J’ai découvert, près de là, un café orné de cette enseigne passablement ambitieuse : "Café des Connaisseurs". Ce versant s’incline sur le nouveau cimetière et est bordé par la rue des Dames, puis par la rue des Grandes-Carrières.

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Montmartre vu depuis la plaine Saint Denis, en 1866.
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Tels sont les principaux aspects, assurément particuliers, de Montmartre. Ils on eu leur peintre spécial dans Michel, un artiste peu connu, pauvre, bizarre, qui avait trouvé là sa campagne romaine. Dans les nouvelles dénominations de rues, j’aurais souhaité voir la "rue Michel", à Montmartre. »

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