samedi 24 juin 2017| 18 riverains
 

Virgin Barbès, après la fermeture, l'occupation

Le magasin Virgin du boulevard Barbès a ouvert en septembre 2002 dans 2000 m2 de locaux loués à Paris Habitat, organisme de logement social de la Ville de Paris.

Avant la liquidation de l’entreprise prévue lundi 17 juin 2013, l’occupation du Virgin Barbès se poursuit dans le 18e arrondissement de Paris. Les salariés du Megastore se relaient jours et nuits pour que leurs ultimes revendications soient prises en compte. Elles concernent les modalités du plan social à venir et le maintien d’une activité culturelle sur place.

Le Virgin Megastore du boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris, est fermé au public. Personne n’entre ou sort. Cette décision prise par la direction est assurée par la présence de barrières qui bloquent l’entrée. Plus moyen de voir l’intérieur du Megastore. Les vitrines sont recouvertes de pancartes telles que « R.I.P – Ci-gît la culture – 1988-2013 ». À tous les curieux ou les habitués qui défilent devant le magasin, les salariés donnent la même réponse : « Le magasin est fermé, il ne rouvrira pas. » La surprise se lit sur le visage des clients de ce que Julien Heissler, responsable du rayon musique et vidéo, aime appeler « un magasin de quartier ». « Je pensais pourtant que ça marchait bien ici », lance un jeune homme d’une vingtaine d’années.

À l’intérieur, l’occupation s’organise pour une durée indéterminée. Elle est assurée par environ 90 % des 34 salariés, garantit Julien Heissler. L’un d’entre eux explique qu’ils agissent par roulements. Pas de tension particulière dans l’enceinte du magasin. Selon Julien Heissler, « tout s’est très bien passé ». Pour le moment, ils n’ont pas peur de se voir contraints de quitter les lieux. « Il n’y a ni séquestration, ni dégradation. C’est pour ça qu’on ne fait rentrer personne. On est à la limite de la légalité », déclare un des occupants.

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Jours et nuits, l’occupation du magasin est assurée par roulement par la quasi totalité des salariés du Virgin Barbès.

Le magasin est quasiment vide. Les soldes organisées le mois dernier y ont grandement contribué. Tout comme à l’extérieur, on peut lire différentes pancartes : « Plus de soldes dans aucun Virgin, et bientôt plus de vendeurs. » Ces derniers ont quitté leur dossard rouge. Ils s’occupent comme ils peuvent. Dans un coin, certains regardent un dessin animé sur grand écran, dans un autre, ils jouent à des jeux vidéo. Le tout en silence. Dans un carré isolé, entre les étagères pleines de DVD d’animation et de films d’horreur, on a installé matelas et sacs de couchage. C’est ici que les occupants peuvent se reposer et passer la nuit.

Il n’y a plus d’espoir pour le magasin de rouvrir ses portes. Le tribunal de commerce de Paris annoncera les conditions de liquidation lundi 17 juin 2013. Le premier objectif des salariés concerne les modalités du plan social. Ils estiment que 17 millions d’euros seront nécessaires pour assurer une formation aux 940 personnes licenciées. Actuellement, 6 à 8 millions sont assurés. « À Pôle emploi, nos qualifications ne sont pas reconnues, explique un des salariés. Nous sommes considérés comme simples vendeurs. On peut nous proposer de travailler dans un magasin de chaussures, alors que nous sommes spécialisés en produits culturels. »

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Le magasin est quasiment vide. Les soldes organisées le mois dernier y ont grandement contribué.

Le second objectif, c’est la reconversion du site. Quand il a ouvert en 2002, le Virgin Mégastore de Barbès devait devenir un symbole culturel de ce quartier sensible. Un mouvement qui aurait dû être renforcé par la réouverture du cinéma Louxor situé à proximité. À l’avenir, selon Julien Heissler, « il est fondamental de conserver sur place une activité culturelle en réutilisant les compétences des professionnels du magasin ». Ce combat sera pourtant long : aucun projet de grande envergure ne devrait voir le jour avant les élections municipales de 2014.

Les occupants comptent sur l’aide des politiques pour faire entendre leurs motivations. D’ailleurs, Olivier Besancenot, NPA (Nouveau parti anticapitaliste), s’est rendu sur les lieux mercredi 11 juin. «  Je suis présent en tant que soutien mais aussi en tant que voisin et client », a-t-il déclaré. L’ex-porte-parole du NPA habite en effet à quelques rues du Megastore. Ian Brossat, élu du 18e et président du groupe PCF/PG au conseil de Paris, est passé lui aussi : « Il faut mobiliser le quartier, lancer des pétitions et des rassemblements, a-t-il dit. La ville de Paris et la mairie du 18e doivent agir. » L’élu a déjà annoncé qu’il déposerait un vœu lors du prochain conseil d’arrondissement, en juillet.

Lire aussi : Le Virgin Megastore de Barbès en sursis

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