samedi 21 octobre 2017| 21 riverains
 

Bras de fer à l'Argus de la presse, rue du Mont Cenis

Plusieurs salariés de l’Argus de la presse s’organisent devant les locaux de l’entreprise située au 130 rue du Mont Cenis.

Salaires en berne, CDD en hausse et manque de reconnaissance professionnelle : une centaine de salariés de l’Argus de la presse (sur 500), dans le 18e arrondissement de Paris, ont entamé, jeudi 19 mai 2011, un mouvement de grève pour obtenir des négociations avec leur direction.

Cinq cents salariés répartis sur trois sites rue du Mont Cenis et un rue Duhesme : l’Argus de la presse est une entreprise de poids dans le 18e arrondissement de Paris. La vénérable maison, créée en 1879, a réalisé, en 2010, 36 millions d’euros de chiffre d’affaires. À flux constant, tous les jours, toutes les heures, le personnel décortique 10 600 publications, visionne 200 supports audiovisuels, consulte 6 000 sites Internet ou blogs. Objectifs : concevoir et adresser des revues de presse personnalisées pour plus de 10 000 clients, entreprises du CAC 40, artistes, hommes politiques, etc.

Mais, jeudi 19 mai 2011, au moment de prendre son poste à 4h du matin, l’équipe des lecteurs de journaux et magazines n’a pas allumé ses ordinateurs. Salaires en berne, recours abusif aux CDD, primes à la tête du client, et, disent plusieurs salariés, « déconsidération de notre travail », ont entraîné un mouvement de grève qui a rapidement fait tache d’huile dans l’entreprise. Sur le coup de 9h, le délégué du personnel suppléant et membre du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a tenté de joindre l’équipe de direction. Manque de chance, celle-ci était en Grèce, pour un séminaire de travail.

Communication interne compliquée

Alors ils ont beaucoup discuté, tenté de s’organiser. « C’est seulement la deuxième grève vécue par l’Argus de la presse en 132 ans, souligne le délégué du personnel. Ce n’est pas dans la culture d’une entreprise qui a longtemps fonctionné sur un mode paternaliste. » Au cours d’une assemblée générale organisée sur le pouce dans la cuisine de l’établissement, c’est d’abord « l’unité de l’ensemble des services » qui a été réclamée. « En effet, indique une salariée, la communication est compliquée dans l’entreprise. Compte tenu des horaires, des tâches à accomplir, chacun bosse dans son coin. La plupart n’a pas accès à Internet et ne dispose donc pas de mail. »

Un cahier de doléance à été dressé. L’augmentation significative du salaire de base (il est aujourd’hui un peu plus élevé que le Smic et ne bénéficie donc pas des revalorisations obligatoires), et la titularisation des CDD figurent au premier rang des revendications. Afin d’apaiser les craintes liées aux délocalisations (l’Argus de la presse a des employés à Madagascar et sur l’île Maurice), plusieurs salariés souhaitent aussi que la direction s’engage à ne plus externaliser ses activités.

« Une réunion entre les délégués du personnel et la direction, qui affirme être ouverte aux négociations, a finalement été fixée lundi 23 mai 2011, dans la matinée, indique le délégué du personnel. Si nous n’obtenons pas satisfaction, nous sommes prêts à reconduire notre mouvement de grève. » D’ici là, toutes les équipes, constituées en majorité de jeunes salariés sur-diplômés, reprendront le travail dès vendredi 20 mai. Fières de ce premier coup de semonce

Où ça se passe:

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3 commentaires
  • Pendant que les espagnols demandent une démocratie réelle avec des points saillants dans les revendications tels que
    - droit au logement garanti par un vrai parc de location public ou protégé
    - control des banques (remboursement du capital public recu, sanctions aux mouvements spéculatifs, etc...)
    - augmentation de l’impot aux grandes fortunes, control reel et effectif de la fraude fiscale, et de la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux
    - de vraies libertés citoyennes et une démocratie participative
    - lutte contre le chomage : repartition du travail, sécurité de l’emploi, etc

    L’Argus réagit enfin : 36 milions d’euros de chiffres d’affaires et les employées de plus de 30 ans de maison gagne encore entre 1000 et 1200 euros... BRAVO !! Je suis fier de ma mère, de cette lutte !!

    Continuez !! Les gens en ont ras la casquette de se faire marcher sur les pieds, de voir les grandes fortunes et les patrons gagner chaque fois plus alors que ceux qui travaillent le plus sont voués au silence et à la précarité continuelle, l’un permettant l’autre...

    IL faut que ça change !!

    Rodolfo

    Répondre

  • Jamais deux sans trois ! Ne lâchez RIEN !

    Hk & Les Saltimbanks - "On lâche rien" par HkOfficiel

    Répondre

  • Allez les gars, on est avec vous, et surout ne lâchez rien !!

    Répondre


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