jeudi 23 novembre 2017| 13 riverains
 

Quand les merguez se savourent en musique

Dans le bruit et la fumée, il se vend des centaines de kilos de saucisses et de merguez lors de la Fête de la musique. Mardi 21 juin 2011, la règle a été respectée dans le 18e arrondissement de Paris. Reportage sur un business lucratif.

Pour beaucoup, c’est un rituel. Deux saucisses ruisselantes, quelques feuilles de salades qui se battent en duel et la sauce qui déborde du pain : c’est le classique sandwich merguez de la Fête de la musique. Impossible de le manger proprement. Pourtant il reste un incontournable de cette soirée. Y-compris dans le 18e arrondissement de Paris. Sa commercialisation est alors tolérée sur la voie publique.

Mardi 21 juin 2011, les vendeurs de la place des Abbesses l’ont bien compris. Sur quelques dizaines de m2, neuf stands se battent pour attirer les fêtards. « Cette année il y a beaucoup de concurrence », commente Usman, 21 ans. Casque autour du cou, il explique, derrière un nuage de fumée continu, ne pas avoir eu la meilleure place. Lui et les nombreux amis qui l’accompagnent « pour le plaisir » ne sont arrivés qu’à 20h. Alors ils tentent de se rattraper en cassant les prix. 3,50 euros, contre 4 euros partout ailleurs. « La merguez la moins cher est ici ! »

« Quand les gens ont bien bu »

Plus près du métro, derrière le manège, une merguez trône en solitaire sur un petit barbecue. Un jeune homme la retourne sans conviction. Replié sous un parasol à la gloire d’une marque de bière qui fait office de parapluie, il donne à la chaise sur laquelle il est assis un air ridiculement petit. À ses côtés, Ben Ali, 23 ans, est affairé. C’est sa première Fête de la musique comme vendeur de sandwich et de toute évidence il veut assurer. Lui est là depuis 14h. Entre deux coups de fil, il explique que c’est vers minuit que se font les meilleures ventes, « quand les gens ont bien bu ».

« Ne vous inquiétez pas, j’en ai encore des merguez, il y en aura pour tout le monde. » Pour ce soir, Adel a acheté 30 kg de merguez. Et, il en est sûr, elles partiront toutes. Cela fait sept ans, qu’à 38 ans, chômeur le reste de l’année, il vend ses merguez sur la place des Abbesses le soir de la Fête de la musique. Généralement, pour un investissement de 200 euros, il retire un bénéfice de 400 euros. Adel est l’un des seuls vendeurs a révéler les dessous financiers de son affaire.

Techniques de sécurité

Campé devant son gril, Adel confie ses techniques de sécurité. « Il faut être tout le temps devant le barbecue et avoir les yeux partout. » Empêcher les personnes « trop alcoolisées » de s’en approcher. Pour plus de précaution, il a même mis une chaise en travers pour fermer le passage. Adel ne changera pas de position de la soirée. Celle-ci prendra fin vers 1h30. Un incendie s’est déclanché sur les voies du métro. Pompiers et policiers prennent possession de la place. Une averse finit de disperser les fêtards.

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