dimanche 17 décembre 2017| 15 riverains
 

Plein feu sur les pompiers de Montmartre

Institution dont l’édition 2009 aura lieu dans une semaine, le Bal des pompiers est né le 14 juillet 1937, au centre de secours Montmartre, 12 rue Carpeaux dans le 18e arrondissement de Paris. Récemment rénovée, cette caserne couvre le 18e, une partie du 17e, et trois arrondissements limitrophes, sous les ordres de la 9e compagnie de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. L’histoire des pompiers de Montmartre est liée à celle du 18e arrondissement.

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Le centre de secours Montmartre, 12, rue Carpeaux, a été conçu au début du XXe siècle.

Le 18e arrondissement de Paris, secteur d’intervention de la 9e compagnie, constitue un environnement bien particulier : « Avec 400 000 habitants, notre terrain d’action se caractérise d’abord par une densité hors norme de 25 000 habitants au kilomètre carré, explique le capitaine Jourdan, 33 ans, en poste au centre de secours de Montmartre depuis trois ans. S’ajoute l’existence d’une population en transit, liée à la présence de six lignes de métro et d’une ligne de RER dans le secteur, ainsi que les réseaux ferrés des gares St Lazare et du Nord. »

Par ailleurs, les hommes de la caserne de Montmartre doivent prendre en compte, quotidiennement, la grande mixité sociale et professionnelle du 18e. Au secteur aisé de la Butte Montmartre par exemple, sont juxtaposés les zones habitées par les classes moyennes, comme Saint Ouen, et les quartiers plus défavorisés, comme Barbès ou Château Rouge. « Les pompiers doivent s’adapter aux comportements de certaines minorités, aux us et coutumes des populations auprès desquelles ils interviennent, et à leur différent degré de sensibilité face aux incendies notamment », précise le capitaine.

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« Seuls une véritable connaissance du terrain et un entraînement spécifique permettent une action efficace des pompiers »

La présence de deux sites touristiques de grande envergure, la butte Montmartre et les gigantesques puces de Saint Ouen, ajoute à la particularité de l’action des pompiers de l’arrondissement. Sans oublier deux autres lieux nocturnes très attractifs, Pigalle et Clichy. « L’ensemble de ces éléments contribue à intensifier l’activité des pompiers, et plus particulièrement du centre de secours de Montmartre », souligne le Capitaine.

Si les interventions des pompiers du 18e s’intègrent dans le « schéma général » de la ville de Paris dans les domaines du secours aux victimes ou du feu, « nous traitons ici des risques particuliers », insiste le capitaine de brigade. « Ils sont d’ordre naturel, technologiques ou liés à la diversité et à l’imbrication étroite des bâtiments dans le secteur. Dans les quartiers de St Ouen par exemple, la Seine représente un risque potentiel auquel les pompiers doivent faire face. Mais la contrainte la plus pesante reste géologique. La déclivité de la butte Montmartre et le fait que le site ait été bâti sur d’anciennes carrières. Les sols y sont fragiles et les possibilités d’affaissement de chaussée à prendre en compte. »

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Le centre de secours de Montmartre couvre un secteur où vivent 400000 habitants.

Seuls « une véritable connaissance du terrain et un entraînement spécifique permettent donc une action efficace des pompiers ». Le capitaine Jourdan regrette d’ailleurs une « hausse des interventions et le réflexe accru des populations à solliciter les pompiers pour des raisons parfois peu valables, ce qui laisse peu de temps aux sapeurs pour leur entraînement ». Or les exercices sur le terrain sont indispensables, en toute circonstance.

Pendant les trois années de réfection de la caserne, les sapeurs ont d’ailleurs été contraints de s’entraîner… dans la rue, sur les escaliers de la butte, dans les immeubles du 18e, liant alors des relations particulières avec les riverains, les associations de commerçant, les syndics et les pouvoirs publics du 18e, comme la Mairie de l’arrondissement. Cette initiative, initiée par le Capitaine Jourdan, a contribué à donner une forte « cote de popularité » aux pompiers auprès de la population. D’ailleurs, l’expérience pourrait se prolonger malgré la fin des travaux.

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La caserne a su s’adapter aux mutations technologiques et urbaines qui ont modelé le 18e

Mais cette relation privilégiée des pompiers avec les habitants du 18e a des racines plus anciennes encore. Car comme se plaît à le souligner le Capitaine Jourdan, c’est dans cette caserne de renom que naquit l’idée du bal des pompiers : le 14 Juillet 1937, le sergent Cournet décida d’ouvrir la caserne aux habitants du quartier ayant suivi le défilé des sapeurs. L’évènement eut un tel succès, qu’il fut repris ensuite dans de nombreuses casernes parisiennes pour devenir la fête populaire que tous les Français connaissent aujourd’hui.

Le centre de secours de Montmartre a commencé l’organisation du bal des pompiers, qui se tiendra dans la cour de la caserne, le 13 juillet à partir de 21h, et le 14 juillet, à partir de 14h. Les habitants du quartier y sont bien évidemment conviés.

Le site Internet des pompiers de Paris : pompiersparis.fr

40 sorties tous les jours
Le centre de secours de Montmartre, situé au 12 rue Carpeaux dans le 18e arrondissement, dépend de la 9e compagnie de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris* (BSPP) qui coordonne son action, comme celle des trois quarts du 18e arrondissement, et de trois autres centres : Boursault (17e), Clichy la Garenne et Saint-Ouen.

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La blason de la 9e compagnie de sapeurs pompiers de Paris, à laquelle appartient la caserne Montmartre.

La 9e compagnie compte 239 personnes, dont la moitié dépend du poste de commandement du centre de secours de Montmartre. Ce dernier assure à lui seul 40 « départs » par jour, sur les 78 réalisés au total par les 4 centres réunis. Les sapeurs de la brigade ont seulement 26 ans en moyenne.

Le centre de secours de Montmartre a été conçu par l’architecte Paul Héneux, au début du XXe siècle. En 1902, la neuvième compagnie quitta donc la caserne de la rue du Château pour ce tout nouveau poste aux pieds de la butte Montmartre. Récemment réhabilité, il conserve cependant sa façade originelle composée de briques rouges et de pierre et ornée de l’emblème de la caserne, la salamandre, animal gardien du feu, y puisant vie et protection.

La caserne a su s’adapter aux mutations technologiques et urbaines qui ont modelé le 18e, notamment à la motorisation croissante des interventions, alors qu’elle avait été initialement conçue pour des brigades à cheval. Elle a ainsi participé à l’histoire du quartier, marquée notamment par deux tragédies : l’incendie de la rue d’Oslo du 17 mai 1958, qui coûta la vie à trois sapeurs, et celui de la rue Vincent Compoint du 28 avril 1987, durant lequel le sapeur de première classe Franck Maréchal trouva la mort.

* La BSPP couvre Paris et trois départements limitrophes : Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.

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1 commentaire
  • Plein feu sur les pompiers de Montmartre 2 février 2014 18:35, par MAENULEIN JEAN FRANCOIS

    BONJOUR ET MERCI D ’AVOIR PUT FAIRE UN PEU MIEUX CONNAISSANCE AVEC LE C.S ET LE P.C DE LA 9 .
    DOMMAGE TOUTEFOIS QU’IL N’Y AIT PAS UN PETIT MOT SUR LE MATÉRIEL EN DOTATION (TYPES ET NOMBRES D’ENGINS UTILISES AU C.S MONTMARTRE .

    Répondre


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