samedi 21 octobre 2017| 21 riverains
 

La toxicomanie a-t-elle disparu des jardins d'Eole ?

Appréciés par les riverains des 18e et 19e arrondissement, les jardins d’Eole sont aussi fréquentés par de nombreux toxicomanes.

Les travaux réalisés par la mairie du 18e arrondissement de Paris dans les jardins d’Éole en mars 2013 avaient pour but de réparer les dommages liés à leur fréquentation. Mais il s’agissait aussi de réorganiser le parc, mitoyen des 18e et 19e arrondissements, pour en interdire l’usage aux toxicomanes. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Bambous coupés, meilleure vue sur les jardins depuis la rue, nouvelle pelouse pour l’été, moins de bancs : les jardins d’Éole, situés aux confins des 18e et 19e arrondissements de Paris, ont bénéficié d’un véritable nettoyage de printemps initié par la mairie du 18e en mars 2013. « Ces travaux de réfection concernaient en particulier le drainage des sols et la réorganisation partielle des différentes zones du parc, explique Pascal Julien, élu Vert, adjoint au maire du 18e chargé de l’environnement. Un nettoyage en profondeur évalué à 115 000 euros, d’après l’élu. Il fallait aussi décourager les usagers de drogue en déplaçant des bancs, en supprimant une des fontaines et en élaguant les bambous pour faciliter la vue lors des rondes de CRS. »

En effet, ouverts en 2007 le long des voies ferrées de la gare de l’Est, les jardins d’Éole étaient, depuis deux ans et d’après une majorité de riverains, le lieu de consommation privilégié des toxicomanes. « Dissimulés par les plantations de bambous, ils s’installent dans l’angle du jardin au niveau des rues Riquet et d’Aubervilliers, expliquait avant les travaux Abi, l’un des agents de surveillance du jardin. Ce passage mène à la rotonde de Stalingrad, un lieu où circule la drogue. »

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Plusieurs pelouses des jardins d’Eole ont été ressemées. Elles seront praticables cet été.

Puis il y avait ces « bandes de jeunes », comme disent certains habitués, qui venaient régulièrement régler leurs comptes dans le parc. Résultat, un sentiment d’insécurité générale, dénoncé par l’association des Jardins d’Éole dans un courrier aux élus des 18e et 19e arrondissements. « Pour occuper le terrain et provoquer une réaction des élus, nous sommes venus pique-niquer dans les jardins toutes les semaines, de juin à novembre 2012, raconte Daniel Keller, président de l’association. Nous gênions les dealers, ils nous tournaient autour avec leurs scooters. »

Première réaction politique à cette mobilisation : la ZSP (Zone de sécurité prioritaire) mise en place en novembre 2012 dans le 19e dans le secteur Curial, Cambrai, Stalingrad, est étendue trois mois plus tard, le 13 février 2013, aux jardins d’Éole. « En effet, souligne Daniel Keller, les toxicomanes, chassés de leurs quartiers de prédilection, s’étaient repliés sur le parc. »

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Des haies de bambous ont été coupées pour permettre aux patrouilles de CRS de surveiller l’intérieur des jardins.

Un mois après les travaux de réfection, aux premiers rayons de soleil, des enfants avec leurs nourrices ou leurs mamans, des joggeurs ont pris d’assaut le parc. Pour le moment, pas de bandes de jeunes mais quelques toxicomanes qui continuent d’errer dans les jardins. Ce qui a le don de mettre en colère Dioumassi, gérant d’une boutique de fruits et légumes mitoyenne des jardins : « Les toxicomanes sont toujours présents. Travaux ou pas : ça ne change rien. Avec les beaux jours, ils dorment dans le parc. Dans quinze jours, le trafic aura repris, il n’y a pas assez de moyens pour que la police soit toujours présente. »

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Les jardins d’Eole ont été créés en 2007 à la limite des 18e et 19e arrondissements de Paris.

Habitante du 18e arrondissement, Murielle, 35 ans, fréquente le parc avec ses enfants dans l’espace qui leur est réservé depuis le début du printemps. « Je ne savais pas qu’il y avait eu des travaux, explique-t-elle. Je ne vois pas le différence, pour moi, il n’y a jamais eu de problèmes. Mais je suis peut-être un peu naïve. »

Il faudra sans doute un peu de temps pour juger de la pertinence des travaux. Pour Daniel Keller, « il faudrait surtout renforcer l’autorité des surveillants des jardins. Ils ne peuvent pas verbaliser ». Et il poursuit : « La ZSP sera levée un jour et les travaux ne règleront pas tous les problèmes de toxicomanie. » Pour faire baisser la tension, il compte, comme Pascal Julien et d’autres habitants du quartier, sur l’ouverture de la salle de consommation de drogues de la gare du Nord.

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1 commentaire
  • La toxicomanie a-t-elle disparu des jardins d’Eole ? 7 septembre 2014 18:24, par habitantedu19

    Non la toxicomanie n’a pas disparu. Le nombre de toxicomans aurait plutôt augmenté. Ils sont installés autour des tables et cosomment sans se cacher.

    C’est devenu pour nous, qui venons régulièrement pique-niquer depuis l’ouverture du jardin, une réelle gène.

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