
Les cavaliers de la Garde républicaine patientent à un feu rouge boulevard Ornano, avant de rallier la porte Montmartre.
Deux gendarmes de la Garde républicaines montés sur des chevaux patrouillent régulièrement, depuis janvier 2012, porte Montmartre et mail René Binet, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils surveillent le carré aux biffins et découragent alentours les vendeurs à la sauvette, dont le marché de la misère empoisonne la vie des riverains.
Bruits de sabots sur le bitume du boulevard Ornano, dans le 18e arrondissement de Paris. Juchés sur leurs fières montures, lundi 27 février 2012, deux gendarmes de la Garde républicaine attendent que le feu passe au vert, à l’angle de la place Albert Kahn. Sensation garantie : les badauds dégainent appareils photos et téléphones portables pour immortaliser l’instant singulier.
L’équipage rejoint la porte Montmartre afin de surveiller les alentours du carré aux biffins, ce marché de la misère autorisé et encadré situé sous le périphérique. Plus précisément, leur mission consiste à empêcher le développement d’un marché parallèle, qui empoisonne depuis des années les riverains du secteur. Ils interviennent les samedis, dimanches et lundis, jours d’ouverture du marché aux puces.

- Les gendarmes à cheval demandent aux vendeurs à la sauvette de quitter le mail René Binet.
« Le van qui transporte les chevaux est habituellement garé du côté de la porte Montmartre, explique Matthieu Clouzeau, commissaire du 18e. Mais ce week-end, les pneus du véhicule ont été crevés. Alors par mesure de sécurité, il est parqué devant le commissariat central. Voilà pourquoi les deux gendarmes empruntent le boulevard Ornano pour rallier leur zone d’intervention. »
Placés sous l’autorité du commissaire, les cavaliers de la Garde républicaine patrouillent dans le secteur depuis janvier 2012. Ce dispositif est le fruit de rencontres entre la mairie du 18e, la préfecture de police et les habitants du secteur porte Montmartre et mail René Binet, où prolifère ce marché parallèle de la pauvreté. Là, se vendent à des prix dérisoires fripes usagées, nourriture et médicaments périmés.
« Ce dispositif accompagne les policiers, en civil ou non, et les CRS déjà en poste, soit une vingtaine d’hommes au total, précise Matthieu Clouzeau. Le travail de ces cavaliers est redoutable. Juchés sur leurs montures il voient loin, interviennent rapidement sur les lieux et impressionnent les vendeurs à la sauvette qui détalent à leur approche. » Et le commissaire d’ajouter : « La fin de leur mission n’est pas programmée. Ils seront présents le temps qu’il faudra afin de décourager définitivement la vente sauvage. »
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