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Clémentine Bisiaux, une jeune journaliste, a lancé un site Internet où elle recueille les histoires, simples, d’habitants du 18e arrondissement de Paris.
Une petite caméra numérique à la main, Clémentine Bisiaux parcourt le 18e arrondissement de Paris à la recherche d’histoires. Celle de Messaoud, ancien gardien d’immeuble, qui attend au lavomatique. Celle d’Huguette, 96 ans, attablée au café de la Timbale. Celle de Benoît, au square Carpeaux ; de Michel, spécialiste des champignons. Des gens simples, ordinaires, rarement mis en avant dans les médias, à qui la jeune journaliste indépendante a décidé de donner la parole sur un site Internet, Histoire de le dire.
« La plupart du temps, dans les médias, les journalistes partent à la recherche des propos qu’ils ont envie d’entendre, explique-t-elle. Avec ces vidéos, je laisse les interviewés libres de choisir leur histoire, ce qu’ils vont me dire. Et ils le font avec une grande facilité. »
Michel
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Pour les rencontrer, Clémentine Bisiaux se rend dans les parcs, les cafés, les laveries. Elle choisit ceux qui attendent, seuls, et qui ont l’air disponible. « Je ne vais pas à la sortie du métro, à 19h00, note-t-elle. Il ne faut aller les embêter. Et j’essaie que les témoignages soient spontanés, sans préparation. S’il y a un contrôle de soi, de sa parole, c’est moins intéressant. »
Rarement, certains demandent à tourner une nouvelle vidéo. « Le plus souvent, les gens se retrouvent dans leur vidéo et apprécient le concept, note la journaliste. Ils sont curieux des histoires des autres, et c’est le but du projet. »
Pour découvrir chaque personnalité, trois questions ponctuent chaque interview. « Ce sont des questions universelles : « Quel est votre plat préféré ? » « Quelle est votre musique préférée ? », qui touchent tous les milieux, sans distinction », explique-t-elle. Parfois, la journaliste ajoute une question plus politique : « Quel est l’homme politique que vous supportez le moins actuellement ? », « Est-ce que vous trouvez Rachida Dati sexy ? » « C’est une façon d’approcher des sensibilités, des tendances. »
La politique, Clémentine Bisiaux l’a suivie de près pour plusieurs médias, depuis la fin de ses études, il y a quatre ans. Elle a travaillé pour la presse quotidienne régionale, le portail actualité d’Orange, et dans l’audiovisuel, pour un agence de presse avec laquelle elle a réalisé de nombreux reportages en France et à l’étranger, pour des chaînes nationales.
Pascale
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Après plusieurs expériences et des séjours au Brésil, en Inde, au Népal, au Mali et au Burkina Faso, Clémentine Bisiaux s’est réveillée un matin en se demandant pourquoi elle avait choisi d’être journaliste. « La réponse était : pour raconter des histoires et les transmettre, se souvient-elle aujourd’hui. J’ai toujours eu de l’empathie pour les histoires quotidiennes des gens et pour les sujets sociaux. »
C’est ainsi qu’a commencé, début septembre, le projet d’Histoire de le dire. Au départ, Clémentine Bisiaux a choisi le 18e arrondissement, un quartier qu’elle habite depuis 2006, « avec plus de 100 nationalités, une diversité, une richesse associative ». Puis elle a poursuivi vers le 19e et le 17e. Dans ce dernier, elle rencontre un peu plus de difficultés pour susciter la parole des gens. « Est-ce dû à la composition sociologique du quartier, plus bourgeois, s’interroge la journaliste. En tout cas, dans le 18e, il y a moins de pudeur. »
Quel bilan tire-t-elle de ce projet ? « Je m’enrichis beaucoup car je rencontre des gens différents tous les jours. Et les gens parlent du site autour d’eux ! » Un vrai succès pour ces courtes vidéos qui mettent en valeur les habitants du 18e arrondissement.
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