jeudi 23 novembre 2017| 14 riverains
 

Le muguet fétiche de Solange et Daniel

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Solange, Daniel et Henri, l’ancien boulanger.

Tous les 1er mai, Solange et Daniel installent dès cinq heures du matin leur petite table sur le trottoir en haut de la rue Letort. Ils déballent soigneusement les 3000 brins de muguets qu’ils ont cueillis la veille, chez eux, du côté de La Ferté-Bernard, dans la Sarthe. Un rituel vieux de quarante années. « Nous n’avons jamais vendu de muguet ailleurs, les gens d’ici sont d’une grande gentillesse, raconte Daniel, quatre vingt-huit ans. Et, depuis le temps, des amitiés se sont nouées. » Assis près d’eux, Henri opine du chef. C’est l’ancien patron de la boulangerie contre laquelle les trois compères sont adossés. « Je suis retraité depuis longtemps, maintenant, raconte Henri. Mais, le 1er mai, je reviens toujours leur tenir compagnie. »

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Au métro Jules Joffrin, c’est le muguet version industrielle.

Rien n’a changé depuis les débuts du couple. S’ils occupent le terrain si tôt, un pied sur la place Charles Bernard, c’est parce que leur place n’est pas réservée : « Tout le monde peut vendre du muguet là où il le souhaite, » explique Solange. Le quartier, lui non plus, n’a pas vraiment changé, soulignent-t-ils en chœur. « Ah si, reprend Daniel, c’est compliqué pour se garer maintenant. »

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Un muguet au parfum printanier.

Mais tous préfèrent en rire, convaincus d’apporter, à chaque fois, « un peu de bonheur aux habitants du coin. » « Le Parisien a besoin de chlorophylle, » s’exclame Daniel, ravi de son effet. Mais, son épouse regrette une légère baisse de la clientèle depuis quelques années : « Aujourd’hui, c’est moyen, par exemple. Le temps est maussade et ce long week-end n’arrange pas vraiment nos affaires. Nous ramènerons la moitié de notre production à la maison. » Pourtant, au-delà de la bonne tenue de son muguet au parfum printanier, et de son prix, deux euros le bouquet, Daniel en est persuadé : « J’ai l’impression qu’il porte bonheur davantage que les autres. »

Un symbole du printemps
60 millions de brins de muguet ont été récoltés cette année dans la région nantaise (entre 80 et 85 % de la production nationale). Un chiffre en baisse sensible en raison du temps pluvieux. Symbole du renouveau et du printemps, cette tradition remonterait à Charles IX, lequel offrait les petites clochettes blanches aux courtisanes qu’il séduisait. La tradition a été associée au 1er mai au début du vingtième siècle, avant que cette journée ne soit officiellement désignée Fête du travail en avril 1941. La vente ambulante du muguet sur la voie publique par les particuliers le 1er mai s’apparente à une tolérance admise à titre exceptionnel de la part des autorités locales.

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