mardi 17 octobre 2017| 18 riverains
 

La Timbale donne le tempo rue Versigny

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Fred et Jean-Pascal Molina, sur le seuil de La Timbale, rue Versigny.

Ouvert en mai 2007, au 2 rue Versigny, par Jean-Pascal et Fred Molina, La Timbale est bien plus qu’un bar. C’est un lieu de vie accueillant, où se croisent et se parlent plusieurs générations d’habitants. C’est aussi un point de repère dans ce quartier un peu oublié du 18e arrondissement de Paris.

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C’est l’heure du premier café. Un œil sur le journal ou le regard rivé au fond de la tasse, les habitués se serrent contre le zinc. D’un matin sur l’autre, les mêmes visages : un employé de bureau, deux ou trois agents municipaux, quelques retraités. Les mots sont rares. Le petit noir est vite avalé. Le soir, après l’apéro, le ton change. La clientèle est jeune. Les demis défilent. Les langues se délient. Les anciens sont là. Plusieurs générations se parlent. À l’angle des rues Versigny et Mont Cenis, La Timbale joue la carte de la proximité.

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A l’angle des rues Versigny et Mont Cenis, La Timbale joue la carte de la proximité.

« Nous connaissons bien le coin, explique Jean-Pascal. Mon frère et moi vivons rue Joseph Dijon depuis dix ans, nous y sommes attachés. Quand, en mai 2007, l’occasion de s’installer rue Versigny s’est présentée, nous n’avons pas hésité une seule seconde. » Les deux garçons, la trentaine, sont fils de cafetiers installés à Epinal, dans les Vosges. « Dans le bar de nos parents, la tolérance était la règle, racontent-ils. Toutes les catégories sociales trinquaient au comptoir. Nous voulions retrouver cet état d’esprit positif à La Timbale. »

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Jean-Pascal, musicien professionnel, programme les apéro concerts. Mais, pas au-delà de 22 h, pour ne pas nuire au voisinage.

L’histoire de La Timbale est indissociable de sa situation géographique. Voilà dix ans, les petites rues Versigny et Joseph Dijon, coincées entre le boulevard Ornano et l’église de Clignancourt, appartenaient aux dealers de crack dès la nuit tombée. Pas de restaurants, les commerces de proximité avaient baissé le rideau depuis longtemps. La Timbale s’appelait Le Relais basque. Tenu par un couple proche de la retraite, l’établissement vivotait. Jusqu’à sa reprise, en 2001, par deux associés. Sans modifier sa clientèle, ces derniers lui ont alors redonné un second souffle.

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« La Timbale ne deviendra pas un bar branché de plus et surtout pas un débit de boisson communautaire, » affirment ses gérants.

Terrasse sur le trottoir, soirées musicales, notamment lors de la Fête de la musique, Le Relais anime soudain le quartier. Gênés dans leurs échanges, les dealers hésitent à s’aventurer rue Versigny. Quand Jean-Pascal et Fred Molina reprennent le flambeau, ils poussent le bouchon plus loin : ils ouvrent le bar de 7 h à 2 h du matin. Jean-Pascal, musicien professionnel, programme les apéro concerts. Mais, pas au-delà de 22 h, pour ne pas nuire au voisinage.

Une nouvelle clientèle, plus jeune, apparaît. Sans pour autant chasser les anciens. En effet, pour les deux frères, il n’est pas question de céder à la mode : « Nous ne sommes pas là uniquement pour le business, affirme Fred. Sinon, nous aurions investi dans une brasserie sur les grands boulevards. »

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Il y a toujours de la lumière au carrefour Versigny, Joseph Dijon.

Ce professionnel de l’hôtellerie, dont l’expérience aurait pu lui permettre de diriger de grands hôtels aux noms prestigieux, privilégie « une aventure familiale, impliquée dans le tissu social et culturel du quartier. » Et de poursuivre, convaincant : « Dans notre métier, nous sommes amenés à côtoyer des gens différents et souvent seuls. Nous sommes à l’écoute et nous constatons que les clients échangent aussi volontiers entre eux. »

Le midi, La Timbale devient un peu la cantine du quartier. Autour d’une cuisine de marché, habitués ou clients de passage le confirment : la rue Versigny a retrouvé des couleurs. « Sans rien céder à la diversité de sa population, souligne Jean-Pascal. Dans notre bar, nous tenons à conserver cette mixité, traduction de la population du quartier. » Aujourd’hui, les dealers sont moins présents et il y a toujours de la lumière au carrefour Versigny, Joseph Dijon.

La Timbale, 2 rue Versigny, 75018 Paris. M° Jules Joffrin ou Simplon
Tél : 01 42 55 03 59
Site : www.dixhuitinfo.com/la-timbale
Ouvert tous les jours sauf le dimanche, de 7h à 2h. Borne wifi

Le midi > Formule 11 € : entrée + plat ou plat + dessert. Formule 13 € : entrée + plat + dessert.
Le soir > Formule 15 € : entrée + plat ou plat + dessert.

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8 commentaires
  • La Timbale donne le tempo rue Versigny 10 juin 2008 12:20, par Zazi

    Je connaîs le coin depuis longtemps. C’est vrai, depuis que ce café-resto a repris du poil de la bête (cela fait 5-6 ans environ ?), les choses ont changé dans le quartier. Il y a de la vie après 20h et les rues sont beaucoup plus sûres. C’est frappant. En plus, je trouve la terrasse sympa.

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  • La Timbale donne le tempo rue Versigny 12 juin 2008 13:41, par Mo²

    Trop de la balle la Timbale :) !!

    Le patron, Ténardier, est super sympa, même s’il ne paye pas bcp de coups gratuits !
    La patronne, Cosette est super mignone et est fan du Développement Durable ! J’adore tes Cakes !!

    Bravo Fredéric et Stephanie ;)

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  • La Timbale donne le tempo rue Versigny 12 juin 2008 21:11, par tomtomus (ça ce prononce uch)

    De la vie dans le quartier !!!!
    Enfin !
    La timbale donne le ton, un lieu super agréable ou se cotoient les habitués et les convertis. je roule ma bosse au bar depuis que je suis rentré sur paris il y a quelques mois et de tout les bars sympas de la capitale je donne la palme à le timbale.
    bistrot de quartier ou soirées animées ?
    mon coeur balance !!!
    n’hésitez pas à venir faire un saut à l’angle mt cenis-versigny toute l’équipe est super les clients également, une p’tite tartine de bonheur entre une bonne bière et un paté lorrain (introuvable dans cette ville ou tout se trouve) et c’est partit la boucle est bouclée.....
    à bientôt à la timbale (entre alger, épinal et budapest).

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  • La Timbale donne le tempo rue Versigny 14 juin 2008 11:12, par Manu

    J’allais chez leurs parents à Epinal il y a vingt ans ... c’est donc avec un grand plaisir que je perpétue la tradition familiale ;)

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  • La Timbale 19 juin 2008 13:54, par Lea PRESTON

    La Timbale est le bar restaurant du quartier.Petite terrasse ensoleillée quand l’astre veut bien se montrer et salle très accueillante quand cette indispensable pluie parisienne fait son travail de dépollution. Les patrons sont présents et discrets, et, en ces temps de pouvoir d’achat au plus bas, enfin je l’espère, les plats du jour et la carte sont plus qu’abordables.
    Une salade toujours très fraiche et une pression, elle aussi bien fraiche,au soleil que demander de plus.
    Bravo

    Lea

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    • La Timbale 20 juin 2008 11:04, par Lu

      Que j’y aille seule pour profiter du spectacle en terrasse ou accompagnée dans l’optique de partager une assiette de tapas, la timbale régale mes soirées et me laisse toujours de jolis souvenirs qui me ramènent très vite vers ce petit coin de paradis dans la jungle urbaine...

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  • La Timbale donne le tempo rue Versigny 4 octobre 2008 20:14, par Les Buveuses masquées

    On aime bien se retrouver à la Timbale, c’est une grande famille : qu’est-c’qu’on s’y sent bien ! On rencontre des gens sympas et intéressants avec qui on peut discuter facilement. Surtout Bénédicte reste telle que tu es avec ta pêche d’enfer et toujours le p’tit mot gentil (et merci de te souvenir de nos prénoms).
    Bravo aux deux frères d’avoir conçu le lieu qui manquait au 18ème, un lieu simple et convivial qui nous rappelle la province !

    Les Buveuses masquées (la p’tite et la grande).

    Ps:Fred, à quand la prochaine démo de claquettes ?

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  • la timbale résonne jours et nuits 6 décembre 2008 14:26, par ziggy

    et chaque mois, quand notre satellite affiche sa bonne grosse rondeur blanchâtre, nous adorons boire, rire et manger à la pleine lune ainsi offerte ! encore merci aux frangins d’la timbale.

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