Ouvert en mai 2007, au 2 rue Versigny, par Jean-Pascal et Fred Molina, La Timbale est bien plus qu’un bar. C’est un lieu de vie accueillant, où se croisent et se parlent plusieurs générations d’habitants. C’est aussi un point de repère dans ce quartier un peu oublié du 18e arrondissement de Paris.
C’est l’heure du premier café. Un œil sur le journal ou le regard rivé au fond de la tasse, les habitués se serrent contre le zinc. D’un matin sur l’autre, les mêmes visages : un employé de bureau, deux ou trois agents municipaux, quelques retraités. Les mots sont rares. Le petit noir est vite avalé. Le soir, après l’apéro, le ton change. La clientèle est jeune. Les demis défilent. Les langues se délient. Les anciens sont là. Plusieurs générations se parlent. À l’angle des rues Versigny et Mont Cenis, La Timbale joue la carte de la proximité.
« Nous connaissons bien le coin, explique Jean-Pascal. Mon frère et moi vivons rue Joseph Dijon depuis dix ans, nous y sommes attachés. Quand, en mai 2007, l’occasion de s’installer rue Versigny s’est présentée, nous n’avons pas hésité une seule seconde. » Les deux garçons, la trentaine, sont fils de cafetiers installés à Epinal, dans les Vosges. « Dans le bar de nos parents, la tolérance était la règle, racontent-ils. Toutes les catégories sociales trinquaient au comptoir. Nous voulions retrouver cet état d’esprit positif à La Timbale. »

- Jean-Pascal, musicien professionnel, programme les apéro concerts. Mais, pas au-delà de 22 h, pour ne pas nuire au voisinage.
L’histoire de La Timbale est indissociable de sa situation géographique. Voilà dix ans, les petites rues Versigny et Joseph Dijon, coincées entre le boulevard Ornano et l’église de Clignancourt, appartenaient aux dealers de crack dès la nuit tombée. Pas de restaurants, les commerces de proximité avaient baissé le rideau depuis longtemps. La Timbale s’appelait Le Relais basque. Tenu par un couple proche de la retraite, l’établissement vivotait. Jusqu’à sa reprise, en 2001, par deux associés. Sans modifier sa clientèle, ces derniers lui ont alors redonné un second souffle.

- « La Timbale ne deviendra pas un bar branché de plus et surtout pas un débit de boisson communautaire, » affirment ses gérants.
Terrasse sur le trottoir, soirées musicales, notamment lors de la Fête de la musique, Le Relais anime soudain le quartier. Gênés dans leurs échanges, les dealers hésitent à s’aventurer rue Versigny. Quand Jean-Pascal et Fred Molina reprennent le flambeau, ils poussent le bouchon plus loin : ils ouvrent le bar de 7 h à 2 h du matin. Jean-Pascal, musicien professionnel, programme les apéro concerts. Mais, pas au-delà de 22 h, pour ne pas nuire au voisinage.
Une nouvelle clientèle, plus jeune, apparaît. Sans pour autant chasser les anciens. En effet, pour les deux frères, il n’est pas question de céder à la mode : « Nous ne sommes pas là uniquement pour le business, affirme Fred. Sinon, nous aurions investi dans une brasserie sur les grands boulevards. »
Ce professionnel de l’hôtellerie, dont l’expérience aurait pu lui permettre de diriger de grands hôtels aux noms prestigieux, privilégie « une aventure familiale, impliquée dans le tissu social et culturel du quartier. » Et de poursuivre, convaincant : « Dans notre métier, nous sommes amenés à côtoyer des gens différents et souvent seuls. Nous sommes à l’écoute et nous constatons que les clients échangent aussi volontiers entre eux. »
Le midi, La Timbale devient un peu la cantine du quartier. Autour d’une cuisine de marché, habitués ou clients de passage le confirment : la rue Versigny a retrouvé des couleurs. « Sans rien céder à la diversité de sa population, souligne Jean-Pascal. Dans notre bar, nous tenons à conserver cette mixité, traduction de la population du quartier. » Aujourd’hui, les dealers sont moins présents et il y a toujours de la lumière au carrefour Versigny, Joseph Dijon.
La Timbale, 2 rue Versigny, 75018 Paris. M° Jules Joffrin ou Simplon
Tél : 01 42 55 03 59
Site : www.dixhuitinfo.com/la-timbale
Ouvert tous les jours sauf le dimanche, de 7h à 2h. Borne wifiLe midi > Formule 11 € : entrée + plat ou plat + dessert. Formule 13 € : entrée + plat + dessert.
Le soir > Formule 15 € : entrée + plat ou plat + dessert.
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