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Amélie Jardel Lecœur, peintre des contrastes

Installée dans un minuscule studio-atelier, rue Marcadet, la peintre Amélie Jardel Lecœur mène sa "vraie vie d’artiste" dans le 18e arrondissement de Paris depuis sept ans. Portrait d’une artiste qui aime les contrastes.

« Tout est calculé, à part les émotions ». Amélie Jardel Lecœur est une artiste peintre qui sait ce qu’elle veut. Attirée très jeune par les arts plastiques, elle s’initie d’abord à la sculpture, avant de se tourner vers la peinture quand elle a 20 ans. Etudiante à Sup de Co Paris, la fameuse école de commerce, elle lâche tout et commence sa "vraie vie d’artiste", voilà huit ans. Peu de temps après, elle s’installe dans le 18e arrondissement de Paris. Elle y vit et travaille dans un petit studio-atelier situé au fond de la cour d’un immeuble de la rue Marcadet.

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Amélie Jardel Lecœur dans son bric-à-brac.

La pièce principale de son atelier est en elle-même une galerie miniature : les murs sont couverts des tableaux de l’artiste et de vieux objets. Ils ont tous une signification bien précise pour elle. « Mon désespoir serait qu’on me mette dans un espace complètement vide », confie-t-elle. Son inspiration, elle la puise en partie dans son héritage familial. « J ‘ai emprunté mon nom d’artiste, Lecœur, à mon arrière grand-père maternel, explique-t-elle. Un homme fantasque, bon vivant, qui n’aimait que chasser, selon le mythe véhiculé dans la famille. »

L’appartement d’Amélie Jardel accueille un bric-à-brac invraisemblable d’objets divers. Pourtant, elle ne lui ressemble pas. C’est une femme de 35 ans, sobre, pantalon noir et chemise blanche, les cheveux relevés en un simple chignon. Le contraste, c’est justement ce qui frappe chez Amélie, qui se juge elle-même « assez contradictoire ». Dans sa peinture comme dans son studio, « tout se mêle sans s’entremêler », dit-elle, énigmatique. La nuit, elle peint des tableaux en couleur. Le jour, c’est l’inverse : ses œuvres sont réalisées en noir et blanc. Elle organise sa vie en conséquence.

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Le personnage de la Souplesse.

Amélie Jardel Lecœur peint des séries, dans des styles variés. Pendant longtemps, elle fut obsédée par les visages. Voilà un mois, elle a commencé une série de petits palimpsestes picturaux, obtenus par le grattage de couches de peintures successives : les " Dirty fragments". Depuis 1998, elle développe une figure récurrente baptisée la Souplesse. « C’est un personnage qui peut avoir des attributs physiques animaux, mais il est doué de sentiments humains, explique-t-elle. Je le conçois comme un sujet de société ». La Souplesse est mise en scène dans une série de tableaux en noir et blanc, dessinés à l’encre de Chine.

Avec plus de 650 tableaux réalisés en 15 ans, l’artiste produit beaucoup. Elle a une idée très précise des endroits où ses œuvres peuvent être exposées. « La cohérence entre le tableau, son titre et le lieu d’expo est indispensable, » argumente Amélie. Des cafés aux centres d’animation, en passant par quelques commerces, dont un caviste, ou des boutiques de décoration d’intérieur, elle privilégie les lieux dans lesquels le public entre naturellement. Depuis quelques temps, elle expose chez des particuliers, qui finissent souvent par lui acheter une toile. Les stratégies commerciales qu’elle développe, elle les doit en grande partie à son passage dans une grande école de commerce.

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Une grande toile de l’artiste, réalisée avec de la peinture à l’huile.

Mais, les fins de mois sont parfois difficiles, surtout en temps de crise. « Actuellement, la priorité des gens n’est pas de s’offrir une peinture originale. C’est superflu, » déplore la peintre. Elle vend ses toiles entre 200 et 1500 euros. Mais elle a été obligée de développer des produits d’appel : ses Dirty Fragments, des peintures petit format, sont vendus à partir de 30 euros. Malgré tout, Amélie Jardel Lecoeur a confiance en l’avenir. « Dès que j’aurai plus de place, j’aimerais reprendre la sculpture ». Et un projet plus fou encore : s’installer à New York, si la ville l’inspire !

Pour accéder au Myspace d’Amélie Jardel Lecœur, cliquez ici.

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1 commentaire
  • Amélie Jardel Lecœur, peintre des contrastes 26 septembre 2014 15:19, par Bruno Livrelli

    Bonjour Amélie,

    J’ai une peinture en ma possession, qui correspond au descriptif de votre œuvre...
    J’aimerai vous en envoyer une photo afin que vous puissiez me confirmer qu’il s’agit bien de votre travail.
    Par avance merci,

    Bruno.

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