lundi 21 août 2017| 16 riverains
 

Rami Zouaoui, un suppléant aux législatives

Rami Zouaoui est suppléant d’Hélène Hautval, Gauche moderne, dans la 18e circonscription de Paris. Il a grandi dans la Goutte d’Or, s’y est engagé dans le milieu associatif, puis politique. A 22 ans, c’est la première fois qu’il se soumet au scrutin populaire.

Dès qu’on l’aperçoit en action, il n’y a aucun doute : Rami Zouaoui fait de la politique, aime la politique. Il est encore jeune et n’a pas adopté le costume-cravate, mais son aisance oratoire et sa gestuelle étudiée lui procurent des aptitudes certaines à la communication politique. Il sait déjà répondre à tout, pour parfois ne pas dire grand chose, mais sans que son discours soit encore totalement artificiel.

Cette agilité n’est pas innée, mais plutôt le fruit d’un engagement précoce. Issu d’une famille de gauche, Rami Zouaoui a suivi l’exemple de sa mère, membre du collectif Droit au Logement, en s’investissant d’abord dans le milieu associatif, « l’unité de base » de la politique. Il crée en 2009 Culture d’Or, association « pour promouvoir la culture auprès des jeunes » du quartier de la Goutte d’Or où il a grandi, et plus généralement ceux des quartiers populaires à Paris.

Des débuts hésitants

Son association est l’occasion pour lui de rencontrer les personnalités politiques du quartier. Il est notamment remarqué par Roxane Decorte, Conseillère UMP de Paris et du 18e arrondissement. « C’est elle qui m’a mis le pied à l’étrier », raconte-t-il. Il devient alors délégué jeune UMP de la 19e circonscription (qui correspond aujourd’hui à peu près à la 17e). Puis c’est l’UMP Pierre-Yves Bournazel, aujourd’hui son adversaire dans la 18e circonscription, qui joue le rôle de « catalyseur ». « Il m’a beaucoup appris », reconnaît Rami Zouaoui à propos de celui dont il dit être toujours proche, en tout cas humainement.

Le jeune homme s’engage à l’UMP « dans la dynamique de la victoire de Nicolas Sarkozy ». II parle aujourd’hui d’une « erreur de jeunesse » et dit ne plus adhérer « à aucune valeur de l’UMP ». Il a voulu continuer la politique dans un autre camp et milite depuis deux ans à la Gauche Moderne, parti de centre-gauche fondé par l’ancien socialiste Jean-Marie Bockel. Outre l’adhésion aux valeurs de son nouveau parti, il explique qu’il « fait bon y militer, il y a moins de requins qu’à l’UMP ou au PS ».

Les responsables du (petit) parti semblent avoir apprécié l’investissement du nouveau venu puisqu’ils lui ont proposé d’être suppléant pour les législatives. Il forme un ticket avec Hélène Hautval dans la 18e circonscription parisienne, qui comprend une grande partie du 18e arrondissement et une petite partie du 9e. Il a « beaucoup de plaisir » à travailler avec cette pilote de ligne qui vit elle aussi sa première élection en tant que candidate. Plus que suppléant, c’est lui qui anime la campagne et organise tout le travail de terrain auprès des électeurs.

Un jeune aux idées claires

« Si on m’avait proposé d’être candidat, je pense que j’aurais refusé. J’estime que quelqu’un qui n’a pas connu le monde du travail n’a pas vocation à se présenter », explique Rami Zouaoui. Quand on lui a offert sa place de suppléant, il a pris 48h pour prendre sa décision. Et c’est « l’envie d’être confronté au scrutin, de contribuer à la vie politique du 18e arrondissement » qui l’a emporté.

Rami Zouaoui a une vision claire et idéaliste de la politique. Il voit son engagement « comme un devoir » qui doit avant tout partir du terrain. Pour lui « il n’est pas possible d’exercer un mandat en étant détaché des préoccupations locales », même si son ambition est bien, à terme, de « peser au niveau national ». Il ne considère pas la politique comme un métier et estime qu’il n’est « pas normal de voir les mêmes têtes sur les affiches depuis plus de vingt ans ».

Assez naturellement, il cite la jeunesse comme une de ses priorités, avec également l’éducation et la lutte contre les inégalités sociales. Il voudrait que « tous les moyens soient mis en œuvre pour l’épanouissement des jeunes du 18e arrondissement ». Et en singeant François Hollande, il fait cette promesse : « moi député, il n’y aura plus aucun SDF dans la circonscription ».

Hélène Hautval a peu de chances d’être élue député le 17 juin, et donc Rami Zouaoui de devenir assistant parlementaire. Il devrait donc retourner à ses études de sciences politiques et profiter de l’Euro de football, sport qu’il pratique régulièrement. Avant, sans aucun doute, de se soumettre à nouveau au scrutin populaire pour les prochaines échéances électorales.

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3 commentaires
  • Rami Zouaoui, un suppléant aux législatives 9 juin 2012 13:47, par Faute d’orthographe

    En effet, il aurait besoin de retourner à ses études et d’apprendre à écrire, "l’ETUTIANT" comme l’indique son tract envoyé à tous les électeurs de sa circonscription !

    S’ils examinent les projets de loi et autres documents parlementaires avec autant de soin qu’ils ne relisent leur propre tract avant qu’il ne soit imprimé, ça promet !

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  • Rami Zouaoui, un suppléant aux législatives 14 juin 2012 00:30, par Isabelle

    Néanmoins, force est de constater que malgré cette faute dont il n’est pas à l’origine, pour avoir travaillé avec lui, Rami Zouaoui a beaucoup de talent cher inconnu.

    Et pendant que certains s’amusent à critiquer, d’autres agissent...

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  • Rami Zouaoui, un suppléant aux législatives 20 juillet 2012 00:23, par Daniel

    Pour le connaitre également, c’est vraiment un bon !

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