lundi 18 décembre 2017| 34 riverains
 

Hervé Breuil, à l'abordage de la 17e circonscription

La campagne du Parti pirate a été lancée au Lavoir Moderne Parisien, théâtre ouvert il y a 26 ans par Hervé Breuil.

Ancien directeur du Lavoir Moderne Parisien, dans le 18e arrondissement de Paris, Hervé Breuil se présente aux élections législatives 2012. Il est candidat dans la 17e circonscription, sous l’étiquette du Parti pirate. Un candidat atypique et engagé.

Casquette vissée sur la tête, affiches électorales à la main, courant d’interviews en interviews sur son vélo, à l’arrière duquel flotte un drapeau aux couleurs de son parti. On est bien loin de la représentation du pirate, bandeau sur l’œil, pillant les navires. Ce pirate là est dépassé, réservé aux contes pour enfants et aux films grand public. Le pirate actuel fait de la politique.

Hervé Breuil, pirate des temps modernes, est candidat aux élections législatives des 10 et 17 juin 2012, dans la 17e circonscription de Paris, pour le Parti pirate. Après avoir dirigé le Lavoir Moderne Parisien durant 26 ans, il a démissionné de son poste en janvier pour intégrer cette formation politique atypique. À 48 ans, il fait le grand plongeon, se lance en politique, ce qui ne l’effraie pas le moins du monde. Il a de la suite dans les idées. D’ores et déjà, il songe aux élections municipales et européennes à venir.

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La suppléante d’Hervé Breuil, Sophie Accolas, est membre du Shakirail, squat d’artistes du 18e.

Le Lavoir coule

« J’ai dirigé un théâtre pendant plus de vingt ans, organisé des représentations. Tenez, par exemple la prochaine pièce qui va se jouer au Lavoir Moderne, est intitulée “ Politique, documentaire théâtral”, la vie artistique est une forme d’engagement. » La motivation première de sa candidature politique tient d’ailleurs à son engagement culturel. Son but, sauver son théâtre, au-dessus duquel il habite depuis plus de 25 ans, et où « ses trois enfants sont nés », rappelle-t-il, un brin nostalgique.

Car le Lavoir Moderne est aujourd’hui en péril. Plus de subventions, des dettes qui s’accumulent. Même la grève de la faim d’Hervé Breuil, en septembre dernier, n’aura pas réussi à sauver son cher théâtre. Le 9 août 2012, les occupants du 35, rue Léon dans le 18e arrondissement, se feront expulser.

Transgression politique

Pour cet homme qui ne lâche rien, la politique est le dernier recours. C’est aussi la voie pour revendiquer ses idées. Car des idées, il en a, il aime les partager et ce qu’il cherche avant tout, c’est « provoquer », pousser les gens dans leurs retranchements, les « inciter à s’interroger sur le système, le remettre en question ».

Après avoir grandi à Lyon, Hervé Breuil quitte le domicile familial à 16 ans pour faire un tour des squats d’Europe, et du monde. Amsterdam, New York, Tel-Aviv, en passant par Berlin, où il fait sa « première performance politique ». Le quadragénaire se souvient amusé avoir franchit le mur « à l’envers », d’Ouest vers l’Est, en août 1989.

L’affaire lui a valu quatre ans d’interdiction de séjour en Allemagne, un passage par les prisons de la Stasi et les gros titres du Berliner Zeitung “Incident diplomatique”, raconte-t-il. Entre ces performances, qu’il a données dans le monde entier, il étudie dans une école de cinéma, milite au syndicat polonais Solidarnosc. Hervé Breuil est un agitateur, adepte de la transgression.

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La principale revendication d’Hervé Breuil : un droit de regard sur le financement de la culture.

« La droite est morte »

Mais pour l’instant, ce multicarte se concentre sur sa campagne électorale, préfère se mettre en retrait, parler de son parti plutôt que de lui-même. Car au Parti pirate, pas de leader. Un parti démocratique, horizontal, cherchant à « retrouver une forme de démocratie athénienne », où les élus ne sont que des passeurs.

Pour cet artiste, dont la mine redevient sérieuse, lorsqu’il rappelle qu’il lui reste moins de dix jours pour devenir député, « le parti a toutes ses chances ». « Nous ferons 12,5% (le seuil pour accéder au second tour), et il y aura une triangulaire avec le Front de gauche et les Verts », affirme-t-il, plein d’ironie. La droite ? Elle ne lui fait pas peur, « elle est morte ». Quant au PS, mieux vaut ne pas évoquer le sujet si l’on ne veut pas irriter l’ancien directeur de théâtre. Il tient la mairie socialiste en partie responsable pour la faillite du Lavoir Moderne.

Le Parti pirate
Créé en 2006 en Suède, le Parti pirate n’est au départ qu’une simple blague. Des amis, après une soirée arrosée, lancent l’idée de créer un parti pour défendre leurs convictions, entre autre, le libre partage des données sur Internet. Ils créent donc une page Internet, qui bientôt reçoit des milliers de visites et prend une ampleur inimaginable. Et le Parti pirate est né.

Depuis, il a fait du chemin, avec deux sièges suédois au Parlement européen et plusieurs sièges en Allemagne au niveau local. Le Parti pirate français est créé en juin 2006. En 2009, il participe pour la première fois à une élection : les élections législatives partielles dans les Yvelines et réalise un score de 2 %. En 2012, les Pirates présentent 101 candidats pour défendre leur idées. Hors du clivage droite/gauche, ils revendiquent la protection des libertés, en particulier sur les questions du numérique, mais aussi l’indépendance de la justice et la transparence de la vie politique.

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