dimanche 20 août 2017| 171 riverains
 

Réactions des politiques aux européennes dans le 18e

59 % : c’est le taux de participation le plus élevé dans le 18e arrondissement. Il a été relevé dans le bureau de vote 25, rue Constantin Pecqueur (photo). L’UMP y est arrivée en tête avec 26 % des suffrages.

Gauche, écologie, droite, centre : quatre leader politiques du 18e arrondissement de Paris commentent les résultats des élections européennes.

Consultez les résultats complet des élections européennes dans le 18e.

PS-PRG : 22 % (17,1 % en 2009)

« C’est un bon résultat et une exception par rapport au reste de la France, commente Eric Lejoindre, maire socialiste du 18e arrondissement de Paris. Nous avons réalisé un meilleur score qu’en 2009, supérieur à celui des Verts, lesquels n’ont pas réédité leur bon résultat d’il y a cinq ans. Cela dit, je préfère être au coude à coude avec eux, plutôt qu’avec la droite ou l’extrême droite. »

Eric Lejoindre estime qu’il n’y a pas de liens directs entre des élections européennes et la réalité locale. Mais il observe que ce scrutin a révélé des résultats « préoccupants » dans certains bureaux de vote. En particulier le bureau 49, au 60, rue René Binet, où le Front national flirte avec les 24 % des voix. Ou encore le bureau 44, au 129, rue Belliard, où le FN atteint 21,5 % des voix.

« Nous travaillons sur ces quartiers depuis pas mal de temps, souligne le maire du 18e. Il faut aller plus loin encore dans la mixité sociale, intervenir sur le cadre de vie, donner la priorité aux relations entre les bailleurs sociaux et leurs locataires.  » Pour Eric Lejoindre, la politique « n’est pas un jeu ». « Les responsables politiques doivent cesser d’évoluer en vase clos et s’adresser directement aux Français, poursuit-il. Nous y parvenons à Paris et dans le 18e, même s’il reste beaucoup à faire. Mais c’est sans doute plus facile qu’au niveau national. »

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Le bureau 42, rue Georgette Agutte : 44 % de participation ; le PS en tête avec 24,1 % des suffrages.

Europe Ecologie les Vert : 19,3 % (33,4 % en 2009)

« On a pesé aux municipales et aux européennes, nos adversaires doivent nous respecter. » Malgré un résultat en dessous de celui des élections européennes de 2009, Pascal Julien, élu EELV du 18 arrondissement et conseiller de Paris, est plutôt satisfait : « On observe que dans le Nord-Est de la capitale, la résistance au Front National est toujours présente. Il y a une forte volonté de garder la gauche et les écologistes au centre de l’échiquier politique. »

D’un point de vue national et européen, l’écologiste est plus nuancé. « Après ces élections, si le Parlement européen reste le même dans les grandes lignes, explique Pascal Julien, la droite est majoritaire et les écologistes ne sont pas suffisamment représentés. Ce n’est pas satisfaisant. » Face au succès du Front National en France (24,95%), il est méfiant : « C’est la politique de l’Europe qui pose problème, pas l’Europe en elle-même. Elire des anti-européens au Parlement n’est pas constructif. »

Pascal Julien condamne fermement le vote FN : « On est responsable de son bulletin de vote. Même dans la plus grande misère, un homme qui vote Front national est coupable d’avoir voté pour un parti xénophobe, raciste et replié sur lui-même.  » Il reste néanmoins « optimiste », et ne croit pas au maintien du FN sur le long terme. « L’extrême droite prend le pouvoir dans des circonstances exceptionnelles de crise, explique-t-il. Quand les électeurs s’apercevront réellement de l’action de ce que le parti au niveau local, ils ne le rééliront pas. »

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Avec 31 listes, les feuilles de dépouillement n’étaient pas toujours faciles à remplir. Les comptages se sont parfois éternisés dans plusieurs bureaux de vote.

UMP : 13,9 % (18,4 % en 2009)

Avec 13,9 % pour l’UMP, Pierre-Yves Bournazel, élu du 18e et conseiller de Paris, reconnaît de mauvais résultats : « Le score de l’UMP aux européennes dans le 18e n’est pas bon, les scores de droite et du centre additionnés font moins que ce je réalisais au premier tour des municipales il y a deux mois. »

Ce score au premier tour des municipales de 25,2 %, Pierre-Yves Bournazel l’avait obtenu en mars 2014 suite à une alliance avec l’UDI-Modem. Un rapprochement qui ne s’est pas fait pour les européennes, ce que l’élu UMP regrette : « Je préfère le rassemblement le plus large possible, celui que j’ai opéré aux municipales dans le 18e arrondissement, j’aurais préféré qu’il se fasse aux européennes, mais ce n’était pas à moi d’en décider. »

Pour lui le résultat de ces élections européennes n’aura aucune influence sur l’action politique locale. De manière plus globale, Pierre-Yves Bournazel note la forte abstention (56,5%). Elle montre, « un manque d’intérêt des électeurs vis à vis de la construction européenne », mais aussi « une crise de confiance envers l’action politique et publique. »

Face à ces problèmes, et même si il « ne veut donner de leçon à personne », le leader de l’opposition dans le 18e considère qu’il faut, au niveau local, « retisser les liens de confiance, en montrant concrètement que l’action publique peut avoir un effet ». Au niveau national, il serait temps, selon lui, de « d’arrêter de faire de la politique en 2014 comme on en faisait il y a 30 ans ». Autrement dit, « passer à l’action ».

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Patricia et Sarah, assesseurs bureau 39, rue Damrémont, où une participation de 53 % a été relevée. Le PS l’emporte ici avec 20,1 % des voix.

UDI – Modem : 9,7 % (7,3% en 2009)

En deuxième position sur la liste UMP – UDI- Modem aux élections municipales, la centriste Fadila Mehal est une nouvelle élue dans le 18e arrondissement de Paris. Vice-présidente du groupe UDI-Modem au conseil de Paris, elle se félicite de la « progression » de son parti dans le 18e, entre les scrutins de 2009 et 2014. « Les centristes ont toujours été identifiés comme pro-européens, explique Fadila Mehal. C’est une chance. Notre image n’est pas brouillée sur le sujet. Elle est cohérente. »

« Les deux partis majoritaires, PS et UMP, sont en perte de vitesse, leur fonctionnement s’essouffle, souligne l’élue. Nombre de nos nouveaux adhérents viennent de ces deux partis politiques. Nous concilions l’humain et le pragmatisme. Dans beaucoup de villes, dont Paris, le centre offre désormais un espace de renouvellement de la vie politique. »

Chacun pour soit aux élections européennes, les centristes vont devoir reprendre le travail municipal avec leur allié UMP. « Notre partenariat reste intéressant, en particulier en matière de logement et de politique de la Ville, dossiers où nous développons des arguments repris par l’UMP, dit Fadela Mehal. Nous allons renforcer cette collaboration tout en affirmant notre identité. »

« Le résultat du Front National nous interpelle tous, poursuit-elle. Ce vote témoigne aussi d’une certaine méconnaissance des électeurs quant aux enjeux. La sortie de l’euro prônée par le FN aurait de lourdes conséquences pour les Parisiens, par exemple. Nous devons chercher et trouver des réponses. Il faut que nous fassions preuve de pédagogie auprès des électeurs. »

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