mercredi 26 avril 2017| 229 riverains
 

Le contrat de ville met la halle Pajol en effervescence

Eric Lejoindre, maire du 18e, Anne Hidalgo, maire de Paris et Manuel Valls, Premier ministre, entrent halle Pajol.

Intense mobilisation locale, effervescence à tous les niveaux : le contrat de ville 2015-2020, signé entre Paris et l’Etat, jeudi 7 mai 2015, dans le 18e arrondissement de Paris, a créé l’événement du côté de la halle Pajol.

La signature du contrat de ville, en présence du Premier ministre, Manuels Valls et de la maire de Paris, Anne Hidaldo, jeudi 7 mai 2015, est loin de passer inaperçue dans le quartier. Le document est paraphé dans l’enceinte du gymnase Micheline Ostrermeyer, rue Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris. Les chamailleries des enfants ont laissé place au tumulte des adultes. La Halle Pajol, nouvel éco-quartier inauguré en juillet 2014, est en effervescence.

Une heure et demie avant l’arrivée du Premier ministre, l’ambiance est déjà tendue. Dehors, les policiers sécurisent les lieux, attentifs aux moindres faux pas. Pendant ce temps, des petits groupes se forment sur le parvis. Ils sont journalistes, organisateurs, membres de la mairie, d’une association, ou simples curieux. Des grands gestes de salutation fendent l’air, des bises claquent sur les joues, des rires un brin hystérique se font entendre.

JPEG - 45.3 ko
Manuel Valls, aux côtés d’Anne Hidalgo et de Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat chargé de la Politique de la ville, montre le document signé.

À l’intérieur de la halle Pajol, retranché derrière sa petit table recouverte de paperasse, le jeune homme chargé de l’attribution des invitations semble débordé. Des gouttes de sueur commence à perler sur son front. Les questions fusent : c’est bien ici qu’on récupère les accréditations ? Quand débute la présentation des associations ? Où faut-il aller ? Et madame une telle, elle n’est pas là ? Dépassé, il tente de satisfaire tout le monde et de mettre fin au brouhaha.

Aux alentours de 16h30, la troupe de l’association Capoeira Viola attaque une démonstration d’art martial afro-brésilien sur le parvis. Pirouettes et gestes de lutte s’enchainent avec énergie et bonne humeur. Les élèves de l’école élémentaire Pajol, tout juste sortis de classe, s’enthousiasment. Armés de leurs smartphones, ils ne loupent rien du spectacle. Les adultes, tout aussi impressionnés, apprécient le divertissement. Pendant ce temps, dans le hall du gymnase, les associations engagées dans les quartiers concernés par le contrat de ville, présentent leurs actions.

JPEG - 90.7 ko
L’association Capoeira Viola en démonstration sur le parvis de la halle Pajol.

17h approche doucement et les équipes de la mairie ne tiennent plus en place. En costume chic et sobre, oreillettes et lunettes de soleil, faussement décontractés, les vigiles se glissent discrètement parmi le public. Précis et concentrés, ils passent en revue la salle, se posent devant les portes et verrouillent le périmètre. Excitation, tension et effervescence se font subitement sentir.

Un mouvement de foule entraine les plus curieux sur l’esplanade de la Halle Pajol. Dans le désordre, au milieu de la cohorte des photographes, les voitures officielles arrivent. Manuel Valls et Anne Hidalgo, protégés de près par des agents de sécurité, font leur apparition et entrent dans le gymnase, non sans quelques difficultés. Eric Lejoindre, maire du 18e arrondissement, Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et Myriam El Khomri, secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville (et élue du 18e), les suivent de près.

JPEG - 76.3 ko
Dans le désordre, au milieu de la cohorte des photographes, les voitures officielles arrivent près de la halle Pajol.

La salle polyvalente, dédiée à la signature du contrat, ouvre ses portes. Les politiques s’alignent sur la tribune par ordre d’arrivée, tandis que le public, soulagé d’avoir passé l’étape désagréable de vérification des sacs (plan Vigipirate oblige), se bouscule, cherche la meilleure place et finit, résigné, par s’entasser sagement. Chacun se tord le cou pour distinguer les stars du jour.

Les discours commencent. Les smartphones sont connectés aux réseaux sociaux et un silence quasi-religieux s’installe. Le maire du 18e ouvre le bal. « Je suis très heureux d’accueillir la signature du contrat de ville dans mon arrondissement, indique fièrement Eric Lejoindre. C’est un beau symbole. La Halle Pajol est une excellente démonstration de ce que peut être une reconquête urbaine réussie. » Pour lui, ce « contrat de ville a du sens : il définit les priorités de la ville et de l’Etat, dans les domaines éducatifs, de l’emploi et du participatif ».

JPEG - 64.1 ko
Le calme affiché par les marionnettes contraste avec l’agitation ambiante.

Anne Hidalgo poursuit et confirme : « le quartier Pajol est un bel exemple de transformation urbaine. » Et de faire un pied de nez aux fameuses « no-go-zones », ces quartiers jugés peu fréquentables par la chaine de télévision américaine Fox New, après les attentats de janvier 2015, pour revendiquer les « must-go-zones », « ces quartiers où il faut aller ». Ce nouveau slogan illustre la volonté « de donner la priorité aux quartiers populaires ».

Manuel Valls, quant à lui, considère le quartier Pajol comme « un éco-quartier exemplaire ». Il insiste sur son souci de la sécurité dans les quartiers populaires. « La lutte contre la pauvreté et la précarité est le défi de ce contrat partenarial », souligne-t-il. Peu avant 18h, dans la chaleur accablante de la salle, il clôt son discours pour passer à la signature du contrat, dans un concert de cliquetis d’appareils photo.

Quelques mots encore. Les journalistes veulent savoir : où est Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France ? Il devait pourtant être présent. Manuel Valls profite subtilement de cette opportunité pour apporter son soutien à la candidature de Claude Bartolone, tête de liste PS aux élections régionales en Ile-de-France, en décembre 2015. D’un événement local, seule cette information sera retenue et relayée par les médias.

Un budget de 26 millions d’euros
Le contrat de ville 2015-2020 engage l’action de l’Etat, de la Ville de Paris et de leurs partenaires dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé, du logement, etc. Il concerne vingt quartiers populaires parisiens, « qui concentrent difficultés sociales et économiques », selon la mairie de Paris. Huit arrondissements sont concernés, dont le 18e. Le contrat de ville mobilise un budget de 26 millions d’euros.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes