mercredi 26 avril 2017| 23 riverains
 

Un conseil d'arrondissement à l'épreuve des faits

Jusqu’à l’incident de fin de conseil, la séance du lundi 15 septembre 2014 s’était déroulée dans un climat plutôt sérieux.

Le conseil d’arrondissement du 18e s’est achevé sur une mauvaise note, lundi 15 septembre 2014 : l’opposition municipale conduite par l’UMP Pierre-Yves Bournazel a quitté la séance, mécontente du sort réservé à l’un de ses vœux consacré à la sécurité. Faux procès, mauvaise foi, fatigue : Dixhuitinfo rétablit les faits.

Lors de l’examen d’un vœu relatif à la sécurité dans l’arrondissement, présenté par Pierre Liscia, élu UMP, l’opposition, emmenée par son patron, Pierre-Yves Bournazel, a brusquement décidé de quitter le conseil d’arrondissement, lundi 15 septembre 2014. Sans grand risque : il était presque 23h et le conseil d’arrondissement, interminable, touchait à sa fin.

Quelques minutes auparavant, Pierre Liscia, au terme de la présentation de son vœu, avait demandé la tenue d’assises de la sécurité dans le 18e. Le jeune élu avait illustré sa démonstration en s’appuyant plus particulièrement sur les violences survenues en marge de la manifestation propalestinienne à Barbès, le 19 juillet 2014.

Violences à Barbès

Il est faux de prétendre, comme l’affirme l’opposition municipale, que le maire du 18e arrondissement, Eric Lejoindre, a nié la réalité. Il a rappelé que les violences en question étaient liées à la manifestation en elle-même et qu’elles n’avaient rien à voir avec le quartier Barbès. En outre, il a estimé que des assises de la sécurité ne se justifiaient pas car, selon sa majorité et lui-même, « l’ensemble des acteurs sont déjà mobilisés sur le terrain ». Moyennant quoi, le maire a annoncé qu’il ne voterait pas ce vœu.

Pourquoi jeter de l’huile sur le feu ? Un tel débat en conseil d’arrondissement n’a rien d’extraordinaire. C’est, tous les mois, le lot des élus locaux. Pourtant, lundi 15 septembre, les esprits se sont échauffés. Pierre-Yves Bournazel a demandé une suspension de séance, que le maire lui a accordé. Trente secondes, pas davantage, « compte tenu de l’heure tardive ». À cet instant, le conseil travaillait depuis près de cinq heures.

L’opposition quitte le conseil

Finalement, au terme d’une séquence aussi bruyante que brève, Pierre-Yves Bournazel et ses troupes ont décidé de tourner casaque et de quitter définitivement le conseil. Voilà pourquoi le vœu n’a pas été violemment rejeté, comme le prétend l’opposition : il n’a pas été mis au vote faute de votants (le vœu sera représenté lors d’un prochain conseil).

Les questions de sécurité sont importantes dans le 18e. Il n’apparait pas à Dixhuitinfo que la municipalité occulte le sujet. Le zèle avec lequel le plan vidéo surveillance a été appliqué voilà quelques années dans l’arrondissement en témoigne. En revanche, la constance avec laquelle l’opposition municipale manipule cette problématique interroge. Premières victimes, les citoyens : ils exigent un débat sérieux en la matière.

Des séances à rallonge

Les effets de manche stérilisent les débats et nuisent au bon exercice de la démocratie. Pierre-Yves Bournazel est nettement plus efficace quand il demande sereinement à la mairie de « faire preuve d’imagination et d’originalité pour combattre la saleté dans les rues du 18e ». Mais mobiliser la presse nationale (un article du journal Le Parisien aujourd’hui) et créer le buzz sur les réseaux sociaux pour alimenter un faux procès manque singulièrement d’à-propos.

Les élus de tous bords devraient s’interroger sur la nécessité de prolonger un conseil d’arrondissement au-delà d’une heure raisonnable. La séance débute à 18h30. A 23 h, après une journée déjà bien remplie pour la plupart d’entre eux, les conseillers ont-ils la lucidité nécessaire pour étudier puis voter délibérations et vœux qui engagent le quotidien de l’arrondissement ? À Dixhuitinfo, nous avons aussi mis l’incident de lundi sur le compte de la fatigue. Ce n’était pas la première fois.

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7 commentaires
  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 17 septembre 2014 16:42, par Pierre-Yves Bournazel

    Monsieur Bordier, nous avons quitté la séance car pour la première fois on a interdit à un élu de finir son propos, moi en l’occurrence. C’est cela la démocratie : empêcher le président du groupe d’opposition de s’exprimer ? Vous en faites pas mention. Sans parler des mots qui fusaient : pathétique, minable... Pas entendu ? Le texte de votre site prend partie pour la majorité, est-ce votre rôle ? Puisque vous critiquez notre attitude, je me permets de vous répondre et de considérer la vôtre.

    Pierre-Yves Bournazel, élu UMP du 18e arrondissement

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  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 17 septembre 2014 19:49, par GuillaumePortedelaChapelle

    J’apporte mon témoignage parce que j’en ai plus qu’assez. Moi j’habite la Porte de la Chapelle, le soir les habitants ne sortent plus de chez eux de peur de se faire agresser par des toxicos ou leurs dealers, venez vous balader le soir à partir de 21h00 et vous comprendrez enfin ce qu’est l’insécurité. Ca fait des années et des années que les habitants demandent à Mr Vaillant et désormais à Mr Lejoindre de régler ce problème et ils ne font strictement rien et laissent certains coins du 18e se ghettoiser. A un moment donné je comprends que ça exaspère l’opposition. Avec les socialistes ce sont de belles paroles rien dans les faits ! Là c’est un habitant de la Porte de la Chapelle qui vous parle et je peux vous assurer que les socialistes du 18e sont en train de faire naitre en nous une capacité énorme de révolte, ça ne se passera pas comme ça, nous voulons être traité comme tous les autres Parisiens ! Pourquoi accepteraient-ont aux pieds de nos immeubles ce que personne n’accepterait ailleurs dans Paris !

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  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 17 septembre 2014 22:28, par Pierre LISCIA

    "Il est faux de prétendre, comme l’affirme l’opposition municipale, que le maire du 18e arrondissement, Eric Lejoindre, a nié la réalité."
    ==>> Le Maire a affirmé qu’il n’y avait pas eu de violences pendant la manifestation interdite du 19/07, seulement des violences verbales et des propos haineux.

    "Il a rappelé que les violences en question étaient liées à la manifestation en elle-même et qu’elles n’avaient rien à voir avec le quartier Barbès."
    ==>> Peu importe d’où viennent les casseurs, la responsabilité du Maire et de la Préfecture de police est d’assurer la protection des habitants et des commerçants, et la tranquillité publique dans leur quartier ! Ce fut un échec.

    "Pourquoi jeter de l’huile sur le feu ?"
    ==>> Il aurait été absolument anormal de clore le Conseil d’arrondissement sans parler de ce sujet, vu la succession d’évènements que nous avons connu dans le 18e depuis le dernier conseil qui s’était tenu le 30 juin dernier... Si la majorité élude, l’opposition doit lui rappeler ses responsabilités.

    "Le vœu n’a pas été violemment rejeté, comme le prétend l’opposition : il n’a pas été mis au vote faute de votants (le vœu sera représenté lors d’un prochain conseil)"
    ==>> Faux, le vœu a été mis aux voix et rejeté. Ce sont les 2 autres vœux présentés par l’opposition (qui concernent la vidéoprotection en logement social et les perturbateurs endocriniens) qui seront représentés lors du prochain conseil.

    "Premières victimes, les citoyens : ils exigent un débat sérieux en la matière."
    ==>> C’était justement le sens de mon vœu. Demander l’ouverture d’un débat réunissant habitants, élus, et policiers. Je n’ai pas demander à la mairie de prendre des mesures ou mis en cause son engagement. J’ai juste demandé l’ouverture d’un débat public, que j’ai appelé dans mon vœu "Les Assises de la Sécurité".

    "mobiliser la presse nationale (un article du journal Le Parisien aujourd’hui)"
    ==>> "Le Journal de Paris", pages départementales du Parisien édition 75, c’est ça que vous appelez "la presse nationale ?!" Sachez que si la presse s’intéresse à nos débats c’est justement parce que ce sujet est un sujet de préoccupation majeur des habitants du 18e.

    Pierre LISCIA
    Conseiller d’arrondissement et rédacteur du vœu

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  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 18 septembre 2014 20:41, par Philippe Bordier

    Votre vœu a effectivement été voté par le conseil d’arrondissement. Il a été rejeté : 9 voix pour ; 34 voix contre.

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  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 19 septembre 2014 19:38, par Jean-Pierre Grimbert

    Il est inutile de continuer ce genre de débat. Au vu de ce dernier Conseil d’Arrondissement, il est évident que l’opposition se contente de tout dénigrer. L’opposition systématique ne fait pas avancer le débat. Depuis mars, et à chaque fois que Mr. Bournazel et ses amis tournent dans le quartier, ce n’est que pour faire ressentir l’amertume de leur défait en mars. C’en est assez de cette posture de loser. Il faudrait peut-être se montrer un peu positif. Les râleurs, jamais contents, nous pourrissent la vie.
    Et en ce qui concerne la sécurité, qui a supprimé la police de proximité Mr Bournazel ?

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  • Le conseil d’arrondissement de lundi à l’épreuve des faits 22 septembre 2014 12:29, par Denis Contet

    Ras le bol de ces débats stériles de Bournazel !
    Il faut remettre de l’ordre dans l’arrondissement et ne tolérer aucune incivilité avec des policiers plus nombreux qui connaissent les problèmes du quartier.
    Vente à la sauvette, prostitutions, toxicomanie,saleté des rues, commerces illégaux
    Tolérance zéro : il faut verbaliser et incarcérer si nécessaire
    Arrêter de faire de l’angélisme la situation est grave et les habitants n’en peuvent plus de cette situation

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  • Un conseil d’arrondissement à l’épreuve des faits 24 septembre 2014 14:27, par GuillaumePortedelaChapelle

    Denis Contet, si l’opposition menée par Bournazel n’évoquait pas ces problèmes personne n’en parlerait ! Tout simplement parce que ces sujets mettent en difficulté la majorité socialiste et la confrontent à son propre bilan. La méthode qui consiste à faire taire systématiquement ceux qui ont le malheur d’aborder les sujets qui fâchent est totalement antidémocratique et ça se passe malheureusement de cette façon dans le 18e... Le conseil dont il est question ici en est la preuve.

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