samedi 19 août 2017| 16 riverains
 

Pascal Julien, un Vert au service de la décroissance

Les écolos sont les artisans du tramway, estime Pascal Julien, ici porte de la Chapelle, son quartier. Il souhaite que la ligne T3 soit maintenant prolongée jusqu’à la porte Maillot, dans le 17e.

À 59 ans, Pascal Julien, adjoint au maire du 18e chargé des Espaces verts et de l’Environnement, conduira la liste Europe Ecologie Les Verts aux élections municipales dans le 18e arrondissement de Paris. Portrait d’une forte tête de liste.

Il a le regard bienveillant de l’homme tranquille. Le sourire franc aussi, savamment encadré par une moustache grisonnante, qui dissimulerait presque l’orateur impétueux sous les allures d’un paisible professeur d’histoire. Pascal Julien, tête de liste Europe Ecologie Les Verts (EELV) dans le 18e arrondissement de Paris, est de ceux qui cultivent la nuance pour mieux surprendre.

Car les débats et les coups de gueule, ça le connaît. Que ce soit en conseil d’arrondissement, en visite sur le terrain ou en interview dans le salon de son appartement à La Chapelle, toute conversation devient un face-à-face. Le verbe se fait incisif, la voix monte dans les tours : c’est bien un animal politique que nous avons devant nous. Un politique passionné - mais pas professionnel, comme il aime à le préciser - nourri de convictions éclectiques et souvent en dehors des lignes.

Scout de France

Parisien d’origine élevé dans le 5e arrondissement par un père fonctionnaire et une mère au foyer, Pascal Julien doit ses premières rencontres avec Dame Nature aux Scouts de France. Il en retient tout, sauf l’éducation religieuse. « Mes parents m’y ont inscrit quand j’avais sept ans, explique-t-il. Pour eux, la religion n’était pas importante. Chez les scouts, ils y voyaient davantage une école de la débrouille, et ils ont eu raison. » Le futur militant le répète à l’envi : lors de ces expéditions en culotte courte et foulard à rayures, il fait l’apprentissage de la décroissance, une valeur économique qui ne le quittera plus.

À l’école, les classes ne connaissent pas encore la mixité, et Pascal Julien alors adolescent, vit entouré de garçons. Dans sa grande fratrie, qui compte cinq enfants, il y a bien trois sœurs, mais « ce n’est pareil » et le jeune homme souffre des rouages d’une société qu’il juge bien trop machiste. Armé d’un bac littéraire et d’une solide conviction féministe, il quitte le foyer familial à 19 ans.

Histoire et alphabétisation

Il s’installe avenue du Maine dans le 14e. Il y conjugue études d’Histoire à Paris VII et cours d’alphabétisation auprès d’immigrés, qu’il dispense au foyer des Arbustes. « Cette expérience, précise le candidat Vert, est l’occasion pour moi d’une réflexion sur l’immigration et l’intégration des étrangers par l’alphabétisation, qui reste aujourd’hui un cheval de bataille. » Un combat qu’il perpétue d’ailleurs en rejoignant, à partir de 1986, la Ligue des Droits de l’Homme, dont il est resté dix ans trésorier fédéral de Paris.

Mais c’est dans les années 70 à la caserne militaire de Suippes (Champagne Ardennes) que Pascal Julien aiguise réellement ses premières armes militantes. Alors au service militaire, il rejoint les syndicats clandestins de soldats pour s’élever contre ce qu’il nomme « le militarisme de l’armée » : « Je rejetais, et je rejette toujours, les valeurs du militarisme. C’est-à-dire l’obéissance aveugle à des ordres souvent incompris, l’apologie du machisme et de la violence. Aujourd’hui encore, l’existence et le maintien d’une police républicaine, respectueuse des droits de l’Homme, reste une de mes priorités politiques. »

L’écologie au cœur de la politique

Le militant rejoint le parti des Verts en 1992. Mais à l’entendre énumérer ses nombreuses influences politiques, aussi marquantes que variées, on croirait presque à un socialiste faisant l’inventaire de ses valeurs ô combien humanistes. On lui a demandé, l’air de rien, pourquoi il avait choisi de s’encarter chez les Verts plutôt qu’au PS. La réponse est sans équivoque :

« C’est très simple. EELV place l’environnement au cœur de sa philosophie. Pour le PS, l’environnement n’est rien d’autre qu’un bonus, un supplément d’âme. Lorsque les socialistes finissent par placer des panneaux photovoltaïques sur le toit de la Halle Pajol, dans le 18e, c’est parce que ça paye dans les urnes. Chez les Verts, nous en avions d’abord fait la proposition afin de se positionner contre le nucléaire. Moi, j’ai choisi de rejoindre le parti qui place l’écologie au cœur de sa politique. »

Le courage des élections

Mais l’élu de préciser les nombreux points qu’il a en commun avec les valeurs socialistes : « Mes combats, je les mène en direction des plus démunis. Quand je me bats pour la qualité de l’air, pour des modes de transports plus variés ou pour une facture électrique moins lourde, c’est au porte-monnaie des plus pauvres que je pense. Ce sont eux, les premières victimes de la dégradation environnementale. »

Pour cet « écologiste allié à la gauche », comme il se définit lui-même, une alliance au second tour des municipales avec le Parti socialiste apparaît donc comme un bon scénario. « Il faut viser le plus haut possible, précise-t-il, mais au moins, nous aurons eu le courage d’y aller. Nous ne sommes pas de ceux qui négocient des postes sans se présenter aux élections. »

La décroissance en fil rouge

Depuis 2001, la désormais tête de liste EELV du 18e, en binôme avec Sandrine Mées, a pris du galon au sein de son parti. D’abord élu conseiller d’arrondissement, puis adjoint au maire Daniel Vaillant à la délégation espaces verts et environnement suite aux municipales de 2008, il assure depuis cette année la succession de Sylvain Garel à la présidence du groupe EELV. À ce titre, il peut prétendre au siège de conseiller de Paris. Une nouvelle position pour de nouvelles responsabilités, celle notamment de porter un programme d’action pour son arrondissement.

Pascal Julien est arrivé dans le 18e arrondissement en 1989, un peu par hasard. Il avait, quelques années auparavant, séjourné rue Marcadet, mais c’est dans le quartier de La Chapelle qu’il trouve une opportunité immobilière et s’installe avec sa compagne et ses filles. Ils n’en partiront plus. Son idée pour le 18e, et le fil rouge de son programme, c’est la décroissance. « J’ai bien conscience qu’il s’agit d’une notion provocatrice, explique le candidat, mais appliquée concrètement, elle assure le mieux vivre ensemble. »

Pédagogie adaptée

« La décroissance concrète, dans le 18e, c’est de réduire le nombre de panneaux publicitaires à moteur ou qui s’illuminent, illustre le candidat aux municipales. En un an, ils consomment l’énergie d’une famille de quatre personnes. C’est aussi, par exemple, proposer au moins un repas végétarien et bio à la cantine sans en augmenter le prix. Je souhaite également préserver les jardins partagés, qui disparaissent au nom d’une construction à outrance, et auxquels il faut attribuer des parcelles. L’habitat insalubre, répandu dans le 18e, est aussi en tête de mes préoccupations. »

Pascal Julien est toujours professeur d’histoire géographie dans un lycée parisien associatif. C’est un établissement qui prône une pédagogie adaptée aux élèves en difficulté. Il cite le nom d’élèves devenus « des pointures » dans leurs professions respectives. L’élu EELV ne craint pas d’expérimenter les nouvelles idées. Un précepte qu’il souhaite encore appliquer dans le 18e, lors de son prochain mandat municipal.

Sur Internet : pascaljulien2014.fr

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:

3 commentaires

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes