dimanche 24 septembre 2017| 17 riverains
 

Municipales, chiffres et enjeux du premier tour dans le 18e

Après des mois de débats, de tractages et de meetings, la campagne électorale touche à sa fin. À deux jours du premier tour des élections municipales, quels sont les résultats pressentis dans le 18e arrondissement de Paris et quelles pourraient être leurs conséquences ?

Quel que soit son enjeu, une élection est l’indicateur le plus fiable de l’évolution de l’opinion publique. Dès lors, dans un contexte politique qualifié par les observateurs de morose et de défiance généralisée envers les élus de tout bord, le premier tour des municipales, dimanche 23 mars 2014, sera particulièrement révélateur de l’état de cette dernière. Très contrasté électoralement depuis une bonne décennie, le 18e arrondissement de Paris peut être considéré comme un échantillon particulièrement significatif, pouvant avoir une signification au niveau national.

Le premier chiffre à observer sera bien entendu celui de l’abstention. Dans l’arrondissement, celle-ci est chroniquement parmi les plus fortes, tant par rapport à la moyenne nationale que parisienne. À deux occasions, elle a franchi la barre des 50%. Dans un premier temps en 1995, ce qui avait permis au FN de se qualifier pour la triangulaire au second tour. Cette année-là avait vu la victoire de la gauche pour la première fois de l’histoire avec une majorité relative de 46,36%. Ce fut également le cas durant la législative de 2012 dans la 17e circonscription, celle du maire, Daniel Vaillant.

Plus de 50 % d’abstention ?

Toutes les prévisions indiquent un bond généralisé de l’abstention en 2014. Dépassera-t-elle les 50% dans le 18e ? Cela écornerait incontestablement la représentativité des nouveaux édiles. Certes, sur le plan légal, leur élection ne sera pas discutable ; en revanche, leur légitimité en souffrira forcément car ils n’auront été élus que par une minorité.

L’autre chiffre sera l’écart entre la liste de la gauche, en excluant les Verts et le Front de gauche, et celle de l’UMP. En 2008, Daniel Vaillant avait frisé l’élection dès le premier tour. L’UMP ne recueillait que 18,82%, soit une différence de 31,54%. Rappelons qu’au second tour, Daniel Vaillant s’était imposé avec 72,5% contre 27,5% à la liste UMP, soit une différence de 55%, sans doute une des plus grandes de France entre gauche et droite.

Percée du Front national ?

Une percée du Front national est annoncée. Dans le 18e arrondissement, hormis en 1995 où il avait fait 12,78% au premier tour, le FN a été en-dessous de 5% aux deux municipales suivantes (4,67% en 2001 et 3,50% en 2008). S’il dépasse les 10% cette année, ou s’il venait à imposer une triangulaire comme en 1995, ce sera l’indice qu’il est en pleine progression et désormais un acteur majeur faiseur de roi. S’il est à peine au-dessus des 5%, il sera en échec.

Cette municipale sera un test indirectement national pour le Front de gauche qui va à la bataille à Paris sans son allié communiste. Lequel a préféré faire liste commune dès le premier tour avec le PS. À la présidentielle de 2012, sous l’étiquette de Front de gauche, avec 15,34%, Jean-Luc Mélenchon avait obtenu, dans le 18e, un de ses meilleurs scores nationaux. Pour le FG, il est vital qu’il fasse, dans un arrondissement fief de la gauche où l’incertitude concernant le résultat final est assez réduite, entre 5 et 10%. Moins de 5% serait un cuisant échec qui hypothèquera l’avenir de l’alliance avec les communistes, voire l’existence même du Front de gauche.

Les Verts, au-dessous ou au-dessus de 10 % ?

Il sera particulièrement significatif de voir ce que feront les Verts dans cet arrondissement qu’il leur a été si favorable, alors qu’on annonce pour eux au plan national une débandade. En 1995, ils avaient recueilli un petit 4,17%. En 2001, ils triplaient leur score au premier tour en recueillant 15,94% des suffrages exprimés, faisant d’eux la troisième force locale, entre la liste RPR et la liste dissidente de droite du maire de Paris sortant, Jean Tiberi.

En 2008, les Verts enregistraient un sérieux tassement en obtenant 10,36%, soit une perte d’un tiers de leurs voix. Ce qui ne les avait pas empêchés de se maintenir à la troisième place. Il leur est indispensable de réaliser un résultat qui ne les mette pas en position de faiblesse pour négocier une fusion de listes avec le PS au second tour, dans l’arrondissement comme dans la capitale.

Quant aux deux autres listes de droite, Le 18ème évidemment, conduite par David Pierre-Bloch et Le 18ème au cœur, emmenée par l’ancienne tête de liste UMP de 2008 aujourd’hui dissidente parce que mise à l’écart, Roxane Decorte, leurs scores ne devraient, sauf surprise, qu’être anecdotiques.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes