dimanche 25 juin 2017| 173 riverains
 

Elections municipales, paroles de campagne électorale

La campagne électorale pour le premier tour des élections municipales, qui aura lieu dimanche 23 mars 2014, touche à sa fin. Nous avons demandé aux têtes de liste de raconter à Dixhuitinfo de quelle manière ils ont vécu ce moment particulier de la vie politique locale.

Cette fois c’est la fin. Ou presque, puisque le plus difficile reste à faire : passer le verdict des urnes, dimanche 23 mars 2014, lors du premier tour des élections municipales. Réunions d’appartements, distributions de tracts sur les marchés, à la sortie des bouches de métro, aux endroits stratégiques : neuf candidates et candidats sillonnent le 18e arrondissement de Paris depuis des semaines (Danièle Hanryon, Lutte ouvrière, n’a pas répondu à nos sollicitations). Ils ou elles sont à la tête d’équipes de militants pléthoriques ou aux moyens limités. Mais toutes et tous s’accrochent à l’heureuse perspective d’une participation au deuxième tour dimanche 30 mars (en obtenant au moins 10 % des voix).

« C’est épuisant de mener une campagne électorale, s’amuse Claude Sauton, à la tête de la liste d’habitants, Pari citoyen pour Paris 18. Après avoir déposé la liste à la préfecture, le 6 mars, il a fallu faire très vite pour s’organiser. Notre logistique n’était pas très rodée. » Son équipe et lui ont apprécié « le contact direct avec les riverains sur les marchés ». « Nous avons eu confirmation que les habitants avaient besoin de rencontrer les politiques sur le terrain, que le contact direct était pour eux important. La demande de proximité est forte. »

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Tête de liste de Pari citoyen pour Paris 18, Claude Sauton tracte porte de la Chapelle.

Claude Sauton espère que sa liste obtiendra un bon pourcentage dimanche, qui lui permettra de passer le premier tour. « Et de peser sur le second », dit-il. L’expérience électorale n’aura pas été inutile : « Au-delà des élections, nous allons rassembler les habitants rencontrés dans un collectif qui nous permettra ensuite de peser dans le futur débat municipal. » Comme l’ensemble des candidats, la tête de liste craint l’abstention : « Nombre de citoyens sont dégoûtés de la politique. Nous avons entendu parler de bulletins blancs, de votes extrêmes. Nous pouvons nous aussi récupérer ces voix, afin de donner un gros avertissement aux partis politiques traditionnels. »

David Pierre-Bloch, Le 18e évidemment, affirme avoir reçu « un super accueil de la part des habitants de l’arrondissement ». « Nous n’avons pas beaucoup de moyens pour mener campagne, poursuit-il, mais nous prenons le temps de discuter directement. J’adore le contact. Il m’est souvent arrivé de passer un quart d’heure au comptoir d’un bar du quartier avec la personne à laquelle je venais de donner notre tract. Sans la connaître. Nous avons effectué une véritable campagne de terrain. Et quand nous avons rencontré des futurs abstentionnistes, nous avons tenté de les convaincre de notre engagement citoyen. »

« Ma plus belle campagne électorale »

« C’est ma plus belle campagne électorale. Je n’ai jamais rencontré un tel niveau de sympathie des habitants du 18e arrondissement à mon égard. » Roxane Decorte est l’une des trois femmes tête de liste aux municipales dans le 18e. C’est sa troisième campagne municipale. Cette fois, elle est seule à la barre. Pas de figure nationale pour la chaperonner : Roxane Decorte a été éjectée de la liste UMP conduite par Pierre-Yves Bournazel début janvier. Elle devait occuper la deuxième place. « c’est très compliqué de partir en campagne électorale plusieurs mois après les autres, explique-t-elle. D’un autre côté, sans étiquette politique, je me suis exprimée librement. »

Le meilleur souvenir de Roxane Decorte, c’est quand M’Hamed Ghannem, conseiller d’arrondissement comme elle, lui a demandé de créer avec lui une liste pour les élections. « Seule, je n’y serais pas allée, affirme-t-elle. La politique municipale est une aventure collective. En tant qu’élus du 18e, nous sommes dépositaires d’une véritable expertise dans la gestion municipale. Et puis M’Hamed Ghannem, cardiologue, se bat pour une véritable politique de santé publique. C’est fondamental. »

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Roxane Decorte et M’Hamed Ghannem, sans lequel elle n’aurait pas lancer sa liste.

« Ce fut aussi une campagne très difficile, rien ne m’a été épargné », souligne la candidate. Ses déboires judiciaires avec l’association Ara 18, qu’elle présidait en 2011, lui ont non seulement coûté sa place sur la liste UMP, mais ont aussi terni sa fin de campagne : le site Internet d’information en ligne Mediapart a révélé, jeudi 20 mars 2014, que l’association avait été condamnée, en 2012, par le tribunal des prud’hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse d’une auxiliaire de vie. Laquelle aurait obtenu 5 500 euros d’indemnités de salaires et dommages et intérêts. Une somme jamais réglée par Ara 18.

Roxane Decorte refuse de commenter ces informations. Elle se borne juste à indiquer que « l’association ne salariait aucune auxiliaire de vie ». Et de s’interroger : « J’ai reçu la journaliste de Mediapart en octobre 2013. Curieusement, son article sort deux jours avant le premier tour des municipales. » La tête de liste préfère souligner son « extrême inquiétude » liée à l’abstention : « Nombre de citoyens refusent d’aller voter. Ils ont l’impression que les politiques ne peuvent rien changer. Il faut pourtant qu’ils comprennent qu’ils votent pour des candidats, oui, mais surtout pour eux-mêmes, pour des questions de logement, de propreté ou de sécurité. »

« Pas aidés par les médias »

« Je suis satisfaite de cette campagne électorale, explique Danièle Atala, tête de liste du Front de gauche. Nous n’avons pas été aidés par les médias, mais ce n’est n’est pas important. Ce qui l’est ce sont les contacts sur le terrain, la présence de nos militants partout dans le 18e arrondissement, les réunions, les portes à portes. » Danièle Atala a appris « beaucoup de choses » au cours de cette campagne : « En matière de logement, d’emploi et de santé, Beaucoup d’habitants du 18e vivent des situations précaires. A cet égard, la fermeture programmée de l’hôpital Bichat est une catastrophe. »

« J’ai appris aussi énormément de choses sur la politique clientéliste face aux associations, affirme Danièle Atala. De nombreuses petites associations qui travaillent sur l’économie sociale et solidaire ne sont absolument pas encouragées. Beaucoup de personnes se plaignent du manque de coordination entre les associations, entre les différents collectifs. Evidemment c’est une carence politique locale. »

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Jean-Luc Mélenchon et Danièle Atala, Front de gauche, en campagne place Jules Joffrin, vendredi 21 mars 2014.

Philippe Martel, tête de liste Front national, loue « l’accueil chaleureux qui nous a été réservé par les habitants du 18e arrondissement. Il est comparable à celui reçu par les autres listes ». Et de poursuivre : « Cela signifie que les électeurs comprennent bien que l’on s’inscrit dans le paysage démocratique et républicain de ces élections. Loin des grands projets parisiens développés par NKM et Hidalgo, nous nous avons eu confirmation que c’est la vie de tous les jours qui intéresse les riverains : en particulier la propreté de leur quartier, la sécurité et le prix des logements. »

Le candidat a toutefois un véritable regret : « Je n’ai pas été invité aux débats organisés par la Ligue des droits de l’homme et une publication locale. Ils ont jugé qu’il ne fallait pas me convier à débattre de mon projet avec les autres têtes de liste. Quelle curieuse conception de la démocratie ! » A l’image de l’ensemble des candidats, des observateurs et des citoyens, Philippe Martel craint lui aussi l’abstention qui pourrait être importante dans le 18e : « J’ai rencontré beaucoup de personnes qui ne croient plus au système politique, y compris en nous, au Front national. »

« Une campagne résumée à un duel entre deux candidates »

« Nous sommes satisfaits de l’ancrage réalisé dans le 18e arrondissement, en particulier via notre local de campagne de la rue Ramey, explique Pascal Julien, tête de liste EELV (Europe Ecologie Les Verts). Nos arguments ont été écoutés. Je pense que l’on a progressé, sinon dans les urnes, au moins dans la tête des habitants du 18e. Lors de l’épisode pollution de l’air parisien, les riverains nous regardaient d’un autre œil, prenaient volontiers nos tracts. » Son meilleur souvenir ? « Les Ecolozik soupe ! de véritables moments de convivialité rue du Poteau et au marché de l’Olive, qui nous ont permis de sensibiliser les citoyens au gaspillage alimentaire et à la consommation bio. »

« Nous n’avons pas eu le temps de nous déployer partout dans l’arrondissement, regrette toutefois Pascal Julien. J’aurai aimé me rendre davantage dans le quartier Charles Hermitte, que je connais bien, par exemple. » Le candidat écologiste regrette aussi que la campagne se soit souvent résumée à un « duel entre deux candidates, NKM et Anne Hidalgo ». « Un face-à-face entretenu par les journalistes, déplore-t-il, qui pourrait aussi contribuer à l’abstention qui menace cette élection municipale. Résultat, les citoyens consomment de la politique comme ils vont au restaurant. »

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Sandrine Mées et Pascal Julien, têtes de liste EELV, dans leur local de campagne, rue Ramey.

Tête de liste UMP, Pierre-Yves Bournazel a mené une campagne « énergique » avec ses colistiers : « Chaque jour, nous avons multiplié les porte-à-porte, les rencontres avec les habitants du 18e partout où c’était possible. Le changement est attendu. Nos projets plaisent aux électeurs, lesquels souhaitent que nous incarnions l’alternance politique dans cet arrondissement. » Et il poursuit : « J’ai essayé de mener cette campagne de manière respectueuse. Je continuerai ainsi. Je serai un maire de rassemblement. »

Pierre-Yves Bournazel ne regrette rien dans cette campagne électorale, sa première : « Je suis tourné vers l’avenir. » À l’issue de ce premier tour, il espère réunir les conditions qui lui permettront de « gagner au second tour ». « Il faut rassembler au maximum, voter utile. Je suis candidat pour gagner. Nombre de citoyens m’ont dit qu’ils me voulaient comme maire. »

« Une élection n’est jamais jouée d’avance »

« C’est ma première campagne électorale en tant que tête de liste, raconte Éric Lejoindre, candidat socialiste. Elle dure depuis presque six mois et j’ai le souvenir de très belles rencontres avec les habitants du 18e arrondissement. Avec mes équipes, nous avons assuré une trentaine de réunions d’appartements, dans la bonne humeur en général. C’était une campagne participative, menée dans la bonne humeur. » L’occasion pour l’actuel premier adjoint au maire de découvrir « des lieux que je ne connaissais pas, en particulier l’entreprise Pianos Nebout, du côté de la place Clichy ».

Éric Lejoindre affirme avoir parfois été reçu par les habitants « en tant que candidat, mais aussi futur maire ». « Ce que je ne suis pas encore, insiste-t-il. Une élection n’est jamais jouée d’avance. » Pas de déception particulière ou de regrets : « J’ai franchement passé une bonne campagne. Nous avons pu discuter de tout. On se sentait même parfois un peu seuls en termes de projet. » Pour lui, l’enjeu du premier tour, « c’est l’avenir de Paris et du 18e arrondissement. Alors ne laissez pas les autres décider pour vous. »

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Jusqu’à la nuit tombée, les militants socialistes en campagne métro Jules Joffrin, vendredi 21 mars 2014.

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