
- Les parents d’élèves de l’association Clign’Ensemble bloquent la rue Clignancourt, mardi 25 novembre 2008.
À l’initiative de l’association Clign’Ensemble, des parents d’élèves ont bloqué la rue Clignancourt, mardi 25 novembre 2008, afin de sensibiliser la mairie du 18e arrondissement aux dangers d’un carrefour où écoliers et automobilistes cohabitent dangereusement, malgré quelques aménagements effectués par la municipalité.
Ils sont une vingtaine, vêtus de gilets jaunes fluorescents, alignés sur le passage protégé, rue de Clignancourt. Quand des écoliers apparaissent, ils bloquent la circulation à la hauteur des rues Ramey et Muller, en brandissant des pancartes : « Enfants en danger, que fait la mairie ? » Ces parents d’élèves agissent à l’initiative de l’association Clign’Ensemble. Ils souhaitent alerter une nouvelle fois la municipalité du 18e arrondissement sur les multiples dangers que représente un carrefour sillonné matin et soir par plusieurs centaines d’enfants scolarisés dans les établissements du quartier (maternelles André Del Sarte et Christiani, groupe scolaire Clignancourt).
Le passage protégé incriminé est situé sur une bosse. Sa visibilité est médiocre malgré une signalétique lumineuse. « Mais, quand le soleil brille, précise François, père de deux enfants, elle est cachée par le store de la terrasse du bar à côté. En outre, un panneau de limitation de vitesse (30 km/h) est placé après le passage piéton. Il ne sert à rien. » Pour couronner l’ensemble, un arrêt du bus 85 est installé quelques mètres avant le passage protégé. « Le déplacer relève de l’évidence, estime le jeune homme. Pourtant, nous sollicitons la mairie du 18e depuis plus d’un an, sans grands effets jusqu’à aujourd’hui. » Quant au récent marquage au sol, censé délimiter les voies de circulation, il semble invisible aux yeux des chauffeurs.
Les véhicules observés ce matin-là ne déboulent pas tous à pleine vitesse dans le secteur. Il faut aussi reconnaître que ce carrefour, aussi mal configuré soit-il, n’est pas le théâtre d’accidents grave. « Ce n’est pas une raison pour laisser la situation se dégrader, plaide Alain Sitbon, président de Clign’Ensemble. Nous ne sommes pas à l’abri d’un drame. » En effet, dès que les parents d’élèves lèvent le barrage, les mauvaises habitudes reprennent : aucun conducteur ne daigne céder le passage à cette vieille dame qui patiente devant les clous. Elle traversera la chaussée entre deux volées de voitures, alors qu’un agent de surveillance publique officie à quelques mètres, côté rue Ramey. « Une situation absurde, » relève Patrick, lui aussi père de deux enfants scolarisés dans le quartier.

- Dès que les parents d’élèves lèvent le barrage, les mauvaises habitudes reprennent : aucun conducteur ne daigne céder le passage à cette vieille dame qui patiente devant les clous.
« Nous ne demandons pas la lune, reprend Alain Sitbon. Juste un rééquilibrage au profit des piétons, des enfants, surtout. » Le responsable de Clign’Ensemble, qui habite depuis dix ans rue Christiani, craint aussi que ce quartier, coincé entre Montmartre et la Goutte d’Or, ne devienne un « no man’s land » : « Nous sommes encerclés de zones protégées, à circulation réduite. Nous n’avons rien contre, mais nous en subissons les conséquences. Nombre d’usagers qui empruntaient le boulevard Barbès avant son aménagement utilisent désormais la rue Clignancourt. Ils ont l’impression de gagner du temps, mais un bouchon se forme aux heures de pointes en bloquant toutes les rues alentour. » L’association n’entend pas baisser les bras et affirme qu’elle reproduira ce type d’action, baptisée Gilets jaunes, « aussi longtemps qu’il le faudra. »
Pour tous renseignements : http://clignensemble.blogspot.com/
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