jeudi 17 août 2017| 17 riverains
 

Gilles D'Elia porte un regard en noir et blanc sur le 18e

Gilles D’Elia, autoportrait, rue Marcadet. © Gilles D’Elia

Le photographe Gilles d’Elia expose son travail au café L’Etoile de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, jusqu’à la fin du mois d’octobre 2014. Il pose sur le quartier où il vit et sur la capitale un regard plein de tendresse. Interview.

L’exposition du photographe Gilles D’Elia, à l’Etoile de Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris, permet de découvrir la capitale en prenant son temps. Après un court passage dans le milieu du cinéma, à l’âge de 24 ans, puis une carrière de professeur de lettres à Nice, Gilles d’Elia, la quarantaine aujourd’hui, monte à Paris poursuivre une carrière de « nègre littéraire ». Ce dernier métier lui offre la possibilité de travailler la nuit. Il lui laisse ainsi tout le temps de flâner, le jour, dans les rues parisiennes, en particulier celles du18e, son Leica III c en main.

Dixhuitinfo - Vous vous y êtes repris à deux fois avant de vraiment habiter Paris, pourquoi ?

Gilles d’Elia - La première fois, j’ai été brutalisé par Paris. À l’époque, mon premier appartement se situait du côté de la mairie du 18e, rue Simart, entre la place Jules Joffrin et le boulevard Barbès. À Nice, j’avais la plage, le soleil et surtout une certaine douceur de vivre. Mais en y revenant, je me suis rendu compte que Paris me manquait. Maintenant je suis installé rue Lamarck. Finalement je suis tombé amoureux de cette ville. Mon expo photo me permet de le montrer.

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Vers le Sacré Cœur. © Gilles D’Elia

Pourquoi êtes-vous revenu dans le 18e ?

Pour une raison un peu personnelle. Quand ma première fille est née, j’avais envie qu’elle grandisse dans une meilleure ville que Nice. Nous avons donc décidé de revenir dans ce quartier du 18e entre la partie populaire et la partie bourgeoise. C’était celui-ci ou rien.

Le 18e n’a pas toujours une très bonne réputation : comment vous a-t-il séduit ?

Il y règne comme un air de province. On est en dehors de Paris lorsque nous sommes sur la Butte de Montmartre, par exemple. Beaucoup de photographies qui représentent ce que j’aime ont été prise ici. Mon amour pour cet endroit est tel que je préfère quitter Paris que le 18e.

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Au Trocadéro. © Gilles D’Elia

Vous photographiez en noir et blanc. Pourquoi ?

Je n’arrive pas à photographier le 18e en couleur, tel qu’est réellement cet arrondissement. Je l’aime tellement, que finalement, le montrer sous son vrai visage me semble très difficile. Le noir et blanc embellit les choses. La couleur témoigne de la réalité, de sa violence.

C’est votre première exposition ?

Oui. Paradoxalement, je n’aime pas les expositions de photos. Je n’y vais pas. Je préfère acheter des livres de photographies.

Pourquoi ?

Lors d’une exposition, on n’a pas de rapport intime avec l’image. Souvent, le visiteur est bousculé, il n’a pas le temps de s’arrêter pour réellement regarder. Les photos sont alignées les unes à côté des autres, mais chacune possède sa propre histoire.

Exemple ?

Celle prise au Trocadéro me semble surréaliste. D’un côté, un militaire en tenue de camouflage qu’on remarque tout de suite à cause de ladite tenue au lieu de se fondre dans le décor. De l’autre, un type qui court pour m’interdire de prendre la photo parce qu’elle le montre entrain de pratiquer un jeu de hasard illégal, alors qu’il est lui-même en tort. Ce contexte est totalement paradoxal.

Vous considérez-vous comme un photographe professionnel ?

Oui et non. La photographie, c’est comme la poésie, on n’en vit pas. J’ai plus l’impression d’être photographe que ceux qui en vivent et qui photographient des modèles, par exemple. Les grands photoreporters étaient des poètes.

Le site Internet de Gilles D’Elia

Exposition Gilles D’Elia jusqu’au 31 octobre 2014
Etoile de Montmartre
26, rue Duhesme - 75018

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