mercredi 20 septembre 2017| 826 riverains
 

Notre choix ciné du week-end : My Sweet Pepper Land

En collaboration avec le cinéma Le Louxor, Dixhuitinfo renoue avec sa rubrique ciné : fruit d’un coup de cœur, nous vous proposons cette semaine la chronique de My sweet Pepper Land, du réalisateur kurde Hiner Saleem.

2003, chute de Saddam Hussein en Irak, la région du Kurdistan irakien entre dans une nouvelle ère… ou presque. Baran, héro de la lutte kurde, est le nouveau shérif d’Erbil, la capitale. Face au chantier politique, il démissionne et rejoint sa mère dans son village natal pour commencer une nouvelle vie. Mais un autre combat l’attend : le mariage arrangé.

Perdu d’avance, Baran se sauve pour reprendre du service dans le village de Qamarian situé au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie. Il y rencontre Govend, institutrice dévouée mais soumise aux règles de la société, celle des hommes, notamment de sa famille.

Bien décidé à faire respecter les nouvelles lois, Baran, chapeau de cow-boy vissé sur la tête, prend son rôle au sérieux, épaulé par son fidèle adjoint Reber. Mais le village, à l’image de son unique auberge-saloon baptisée Pepper land, est sous l’emprise d’Aziz Aga, descendant d’une famille corrompue depuis des générations.

Ce triangle des Bermudes qui mêle les trafics en tous genres est aussi le terrain de la lutte armée de jeunes résistantes kurdes de Turquie, tentant de survivre dans la nature sauvage, aussi belle qu’imprévisible. Sous un puissant orage, l’affrontement final d’« O.K. Qamarian » semble inévitable.

My sweet Pepper Land, huitième long-métrage du réalisateur engagé Hiner Saleem, plonge le spectateur dans un western burlesque pour dépeindre le Kurdistan du nouveau millénaire. La démocratie tant attendue au Kurdistan irakien est encore loin d’être établie. À l’image de la première scène absurde du film : la loi autorise-t-elle à pendre deux fois un condamné, qui par ailleurs clame son innocence, si la première fois a échoué, s’interrogent sérieusement les nouveaux dirigeants.

À travers l’exemple de résistance des deux personnages principaux, joués avec justesse par le germano-turc Korkmaz Arslan et l’iranienne Golshifteh Farahani, Hiner Saleem dénonce plus globalement l’étouffement d’un peuple divisé entre quatre pays voisins : l’Irak, l’Iran, la Turquie et la Syrie. L’amour naissant entre Govend et Baran apporte un peu d’espoir et de douceur dans ce contexte géopolitique compliqué.

My sweet Pepper Land est projeté tous les jours jusqu’au 15 avril 2014 au cinéma Le Louxor, 170, boulevard Magenta 75010. Les horaires de ce film en cliquant ici.

Vous pouvez aussi consulter l’ensemble de la programmation du Louxor ici

N’oubliez pas d’aller faire un tour dans un cinéma de quartier fort bien achalandé question films : le Studio 28, dont voici la programmation.

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes