jeudi 29 juin 2017| 20 riverains
 

« Le cinéma d'art et d'essai est aussi populaire »

Pour Laurent Laborie, Le cinéma Louxor doit être un lieu vivant, pas un musée, qui appartient aux citoyens.

À la tête de l’association Paris – Louxor, Laurent Laborie est commissaire de l’exposition Nos cinémas de quartier, organisée mairie du 18e arrondissement de Paris jusqu’au 25 mai 2013, à l’occasion de la réouverture du cinéma Louxor, à Barbès. Interview d’un ancien des Cahiers du cinéma, amoureux du 7e art comblé.

Dixhuitinfo - Le Louxor – Palais du Cinéma a renoué avec son destin. Depuis le 18 avril 2013, il a rouvert au public. Alors, heureux ?

Laurent Laborie - Nous sommes évidemment très fiers. C’est l’aboutissement de trois ans de travail pour les bénévoles de l’association et tous ceux qui se sont mobilisés depuis 2000 pour faire revivre le Louxor. Lors de l’inauguration, le 17 avril 2013, une dame d’un comité de quartier a dit : « On a gagné ! ». C’est tout à fait cela. Et ce qui est important, c’est que les premiers à avoir mis les pieds au Louxor, ce sont les habitants du quartier. C’est un signe fort. Et bien-sûr, nous avons ressenti une pointe d’émotion quand l’écran de la grande salle est descendu. C’était impressionnant de voir les gens bouche-bée, les yeux ébahis devant la beauté du décor. Avant, on allait au cinéma pas seulement pour voir un film, mais d’abord pour le lieu de rencontres qu’il représente. On veut renouer avec cela. C’est d’ailleurs le sens de l’exposition que nous organisons.

Cette exposition se veut participative. Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela correspond à l’engagement de notre association : faire participer les habitants. Il y a une mémoire volatile détenue par les gens des quartiers, qui ont connu l’âge d’or des salles de cinémas dans les années 1950, et il faut que cette mémoire soit captée. Nous avons donc recueilli des témoignages pour alimenter cette exposition, par ailleurs documentée grâce aux archives de la Cinémathèque française. Le sujet, c’est la relation particulière qu’entretiennent les gens avec le cinéma : des lieux, des matières, des odeurs, des anecdotes. Par exemple, cette habitante qui raconte qu’au printemps 1949, son mari l’a demandée en mariage pendant une séance au Louxor et qu’elle a conservé le ticket. Les petites histoires de chacun constituent la grande histoire du cinéma.

Vous souhaitez que le Louxor version 2013 renoue avec l’esprit des cinémas de quartier populaires. Est-ce que vous ne craignez pas qu’il manque sa cible et ne s’adresse qu’à un public de cinéphiles ?

Il faudra juger sur pièces la capacité de la nouvelle équipe à intégrer le Louxor dans son environnement. Nous sommes là pour dire que le cinéma Art et Essai est aussi populaire, que les salles doivent faire le plein. Le Louxor doit être un lieu vivant, pas un musée et il appartient aux citoyens. Ce doit être un lieu festif, ouvert. Il ne faut pas sanctuariser ni établir de frontières, et proposer un rapport décomplexé au cinéma. Le public du Louxor doit ressembler à la photo du quartier : Barbès, la ville monde.

Nos cinémas de quartier
25 avril au 25 mai 2013
Mairie du 18e - place Jules Joffrin

L’inauguration de l’exposition Nos cinémas de quartier, jeudi 25 avril 2013, sera suivie d’une conférence débat dans le cadre de l’Université populaire de la mairie du 18e, intitulée Autour du cinéma populaire.

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