vendredi 18 août 2017| 53 riverains
 

Le cinéaste Benjamin Busnel conjugue étrange et 18e arrondissement

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Le boulevard Ornano, dans le 18e arrondissement, a servi de décors aux films de Benjamin Busnel.

Le 18e arrondissement de Paris, où il vit depuis plusieurs années, sert de décors aux courts-métrages de Benjamin Busnel, réalisateur de films étranges et décalés. Gast, sa nouvelle production, pourrait être projetée au Festival de Cannes, en mai 2009.

À tailler le bout de gras avec Benjamin Busnel, on a peine à croire que ce type est l’auteur de courts-métrages angoissants, aux scénarios en équilibre sur le fil d’un rasoir. C’est un jeune homme souriant au regard clair. Sous le calme apparent de ses traits fins, sommeille pourtant un imaginaire peuplé de personnages étranges. Cadrages serrés, dialogues minimalistes, rebondissements inattendus : le garçon filme des histoires d’amour impossible, souligne l’absurdité des nouvelles technologies, met en lumière la difficulté des hommes à communiquer entre eux.

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Benjamin Busnel règle une scène de Gast, son nouveau film. Le réalisateur travaille avec une équipe d’amis, professionnels du cinéma, depuis ses débuts.
©Matthieu ROQUIGNY

Benjamin Busnel vient de boucler le tournage de son nouveau film, Gast, un court-métrage réalisé dans différents lieux du 18e arrondissement de Paris (un bar, une salle de sport, le passage Cottin et les puces de Saint-Ouen). « C’est un quartier photogénique, explique le réalisateur, qui y vit depuis six ans. Les pentes de la Butte Montmartre offrent des perspectives intéressantes. Le boulevard Ornano, la porte de La Chapelle, forment des décors urbains aux contrastes violents. » Gast est un conte fantastique. Son histoire évoque le thème de l’homme et son double.

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Benjamin Busnel s’inspire de la littérature fantastique du XIXe siècle, en particulier Maupassant, pour écrire ses films.
©Matthieu ROQUIGNY

C’est un film singulier, en noir et blanc. « Il souligne l’enfermement à Paris, dit le réalisateur. Dans le 18e, différentes communautés cohabitent, ne se craignent pas, mais vivent côte à côte, sans se mélanger. » Lissepotrome, en 2002 – une référence au Metropolis, de Fritz Lang ; I Love You, en 2006 ; Le Mal, en 2007 : ses précédents courts-métrages ont tous remporté plusieurs prix dans des festivals. Comme eux, Gast est réalisé avec peu de moyens et une fidèle équipe de copains, acteurs ou techniciens dans le cinéma. « Le modèle économique est serré, souligne Benjamin Busnel, mais l’organisation est professionnelle. »

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Après les courts-métrages, pas plus de 16 minutes en ce qui le concerne, le jeune réalisateur va s’attaquer aux longs-métrages.

Si le montage de Gast est prêt à temps, il pourrait être projeté au Festival de Cannes, dans le cadre de la semaine du court-métrage. Ensuite, le réalisateur prévoit d’en développer l’histoire pour tourner un long-métrage. Une étape importante dans sa carrière professionnelle : « Enfant, je rêvais de réaliser un vrai film avant trente ans. » Il en a vingt-huit, et semble en passe de gagner son pari. Fan de Chaplin, amateur des réalisateurs américains Spielberg, Kubrick ou Zemeckis, le cinéaste a grillé ses premières pellicules à l’âge de quatorze ans. « Mon oncle m’avait donné sa caméra, raconte-t-il. C’était un cadeau extraordinaire. » Aujourd’hui, il tourne en 35mm. Le format des pros.

www.benbusnel.com

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