jeudi 23 mars 2017| 28 riverains
 

Une Nuit blanche à genoux aux Jardins d'Eole

Vincent Voillat met la dernière main à ses genoux dans son atelier de la Goutte d’Or.

"À genoux", c’est l’oeuvre monumentale que Vincent Voillat présentera aux Jardins d’Eole, dans le 18e arrondissement de Paris, lors de la Nuit blanche, le 5 octobre 2013. Cet artiste plasticien collabore au collectif MU qui fête ses dix ans de résidence à la Goutte d’Or. Un quartier qui a inspiré sa dernière création.

À quelques jours de la Nuit Blanche, les genoux fabriqués par Vincent Voillat encombrent l’atelier qu’il occupe au Garage, le QG du collectif d’artistes MU situé au 45 rue Léon, à la Goutte d’Or. Ces trente-six moulages bruts de genoux en plâtre blanc constitueront, une fois posés sur des supports en bois légers, une installation monumentale éphémère. En attendant, les sculptures anatomiques entreposées dans l’atelier confèrent aux lieux un curieux air de cabinet médical.

Vincent Voillat n’a pourtant rien d’un docteur. L’artiste plasticien, d’habitude branché installations vidéo et nouveaux médias, a entrevu cette œuvre insolite un matin au réveil. « J’ai ouvert les yeux avec une image en tête : celle d’une personne à genoux. J’ai voulu en chercher le sens », se souvient-il.

Habitants volontaires

Au-delà de l’évidente connotation religieuse de cette posture, c’est sa dimension sociale qui interpelle l’artiste. « Elle fait référence aux prières de rue de la Goutte d’Or mais aussi aux sans-papiers de l’église Saint – Bernard, aux arrestations quotidiennes dans le quartier ou encore à la prostitution, énumère Vincent Voillat. Cette position renvoie à la question de la minorité en général. C’est une posture violente. »

L’œuvre, qui s’est élaborée en rapport étroit avec l’environnement de l’artiste, s’est aussi voulue « participative ». Les habitants de la Goutte d’Or eux-mêmes ont été mis à contribution dans sa réalisation concrète. Ces trente-six paires de genoux appartiennent en effet à autant d’habitants du quartier qui se sont portés volontaires pour se faire plâtrer.

Fossiles humains

« J’ai appliqué des bandes de plâtres sur leurs genoux. C’était presque médical, raconte l’artiste. L’opération a créé un rapport particulier avec le modèle. Les genoux sont souvent perçus comme une partie ingrate du corps. J’étais moi-même à genoux pour réaliser le moulage. C’était assez émouvant. »

Une émotion que l’artiste retrouve désormais au contact de ces « empreintes », ces « fossiles » humains, à la fois tous semblables et tous uniques. Quelques heures avant la Nuit Blanche, les moulages trouveront place sur leurs socles, à l’entrée des jardins d’Eole. Ils s’offriront alors à l’interprétation libre du public.

Voyage sonore
Lors de cette Nuit Blanche 2013 aux Jardins d’Eole, le collectif MU propose aux noctambules une autre expérience artistique inédite intitulée "Vertigo". Il s’agit d’un dispositif sonore en mouvement perpétuel : huit enceintes diffuseront dans une couronne de vingt mètres de diamètre des sons issus des archives engrangées par le collectif depuis dix ans. Une « expérience physique du son » et un « voyage » à travers l’espace et le temps « joué en live » par Joachim Montessuis et Gaël Ségalen.

"À genoux" et "Vertigo" : samedi 5 octobre de 19h à 2h, aux Jardins d’Eole, rue d’Aubervilliers, 75018 Paris.

Le programme complet de la Nuit Blanche, c’est ici

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