samedi 19 août 2017| 16 riverains
 

Le prix littéraire Wepler - La poste décerné le 9 novembre

La remise du prix Wepler - La poste en 2014. Photo © Thierry Stein

Le 18e arrondissement de Paris dans la ronde des prix littéraires : le 18e prix Wepler-La poste sera décerné, lundi 9 novembre 2015, dans les salons de la brasserie Wepler, place de Clichy. Présentation des candidats, lesquels concourent pour le second prix le mieux doté financièrement du circuit.

Le prix littéraire Wepler-La poste, récompensant depuis dix-huit ans maintenant une « œuvre difficile qui place haut l’aventure verbale », sera décerné lundi 9 novembre 2015, deuxième lundi du mois conformément à la tradition. C’est l’une des manifestations culturelles la plus importante du 18e arrondissement de Paris. Elle clôt la sarabande des prix si typique de la vie littéraire française, qu’a inauguré, le 29 octobre 2015, le prix de l’Académie française, suivi le 2 novembre par le prix Décembre, le 3 par le Renaudot et, surtout, le Goncourt, le 4 le Fémina et le 5 le Médicis (1).

Avec ses 10 000 euros attribués au lauréat et ses 3 000 à la mention spéciale, le prix Wepler est le second prix le mieux doté après le prix Décembre, dont l’élu est gratifié d’un chèque de 30 000 euros. Le Goncourt, le plus prestigieux d’entre eux, ne rapporte que 10 euros, mais, en contrepartie, il est celui qui fait le plus vendre. À la différence des autres prix, le jury du Wepler est renouvelé chaque année et se compose à la fois de professionnels des lettres et d’amateurs, parmi lesquels, depuis sa naissance en 1998, une détenue à la maison d’Arrêt des femmes de Rennes.

Douze auteurs en lice

Durant toute l’année, il se réunit une fois par semaine dans l’appartement du propriétaire du Wepler, Michel Bessières, situé juste au-dessus de la brasserie de la place de Clichy, autour d’un dîner concocté par son chef, pour choisir les douze « inclassables mais éblouissants, inaccessibles mais bouleversants » auteurs finalistes. Le gagnant est désigné le dimanche, veille de l’annonce de son attribution, encore lors d’un dîner au même endroit qui se prolonge souvent très tard, les avis étant très partagés et tranchés en raison même de la diversité des jurés.

Une femme, Lise Charles, 28 ans, est la cadette des sélectionnés, huit hommes et quatre femmes, dont la moyenne d’âge est de 40 ans. Son Comme Ulysse (P.O.L) est son deuxième roman. Il narre un voyage à New York de deux sœurs dont l’une finit par quitter l’autre l’abandonnant à son destin. Le doyen est un homme, Mathieu Riboulet, 55 ans, qui dans son Entre les deux il n’y a rien (Verdier) se pose la question du recours à la lutte armée dans les années soixante-dix pour changer le monde. L’âge de ce dernier est nettement inférieur à celui de certaines cuvées précédentes où il est arrivé qu’il excéda les 70 ans.

Santé mentale

Deux d’entre eux ont refusé de communiquer leur âge et de faire connaître leur visage. L’un et l’autre travaillent dans le milieu de la santé mentale. Psychanalyste, Pascal Herlem, dans La sœur (Arbalète/Gallimard), se penche sur « le silence pesant entretenu autour d’une sœur lobotomisée ». Quant à Mary Dorsan, infirmière psychiatre, son livre Le présent infini s’arrête (P.O.L), un premier roman, dépeint « un an du quotidien d’adolescents et de soignants d’un institut psychiatrique. »

Nègre entre autres de Michel Drucker, Catherine Breillat, Hervé Vilard, journaliste dans la presse people, au journal Gala, notamment, critique littéraire, Jean-François Kervéan, 53 ans, est un écrivain reconnu. En 1994, il a obtenu le prix du Premier roman, et deux ans plus tard, le Renaudot des lycéens. Son roman, Animarex (Robert Laffont), « dépoussière avec une vitalité contagieuse », la figure du monarque absolu Louis XIV.

« Voyageur de l’imaginaire »

Qualifié de « voyageur de l’imaginaire » par le quotidien Libération qui lui a consacré pas moins de trois pages soulignant que « son récit indéfinissable (…) laisse derrière lui comme des traces visuelles sur une rétine intérieure », Pierre Cendors, 47 ans, est, des douze en lice pour remporter ce 18e prix Wepler, celui qui a le plus bénéficié d’une importante et élogieuse couverture presse. Son Archives du vent (Le Tripode) raconte l’histoire d’un réalisateur de génie qui se retire du monde. Dans un ultime message, il signale l’existence d’un homme mystérieux...

Les six autres sélectionnés sont : Antoine Choplin 53 ans, pour Une forêt d’arbres creux (La Fosse aux ours), une histoire de déportation ; Sophie Divry, 36 ans, Quand le diable sortit de la salle de bain (Noir sur Blanc/Notabilia), récit des vicissitudes d’une chômeuse qui veut devenir écrivain ; Michaël Ferrier, Mémoires d’outre-mer (Gallimard), une quête des traces d’un grand-père artiste de cirque qui a pour toile de fond un épisode méconnu de la Deuxième Guerre mondiale, le projet nazi d’envoyer des juifs peupler Madagascar.

Recherche narrative

Viennent ensuite Douna Loup, 53 ans, L’Oragé (Mercure de France), une histoire de deux écrivains veillant sur l’œuvre de l’autre et réciproquement ; Pierre Senges, dont le Achab (séquelles) (Verticales), qui lui a valu déjà le prix de la Page 111, est une tentative de donner une suite farfelue à Moby Dick ; et enfin Benoît Vincent, pour Farigoule Bastard (Le nouvel Attila), son premier roman, biographie d’un berger de Haute-Provence a qui il est arrivé une histoire difficile… à raconter.

Dix maisons d’édition sont représentées cette année dans cette phase finale. Seules deux ont deux auteurs en lice, Gallimard et P.O.L., les autres un seul. Hormis les deux précédentes ainsi que Robert Laffont et Mercure de France, ces éditeurs sont plutôt considérés comme des "petits", à l’instar de Verticales, Verdier, Le Tripode, La fosse aux ours, ou encore Noir sur blanc/Notabilia et Le Nouvel Attila, qui privilégient l’exigence et la recherche narratives.

Généreux buffet

Au fil des ans, plusieurs lauréats du prix Wepler-La poste se sont acquis une notoriété dans les années qui ont suivi : Antoine Volondine, Yves Pagès, Eric Chevillard, Yves Pagès, François Bon, figurent parmi eux. Le jour de l’attribution du prix est le seul jour de l’année où la brasserie Wepler ferme. L’annonce du lauréat et de la mention spéciale qui se fait dans un climat de fête montmartroise est suivi d’un généreux buffet arrosé qui atteste que l’esprit des lettres n’est nullement insensible aux nourritures très terrestres.

(1) Le prix Interallié, dont la vocation est de récompenser un auteur oublié par les autres prix, se tient à l’écart de cette frénésie de récompenses. Son jury est composé de journalistes. Cette année le nom de son lauréat sera dévoilé le 12 novembre au restaurant Lasserre. Il a été fondé en 1930. Son premier lauréat avait été André Malraux que le Goncourt avait ignoré.

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